| 1 Le 15 juin 2008
LETTRE OUVERTE
Madame Elisabeth BORREL 47 rue du chant du merle 31400 TOULOUSE
Madame,
Ayant donc examiné l’assassinat de Charles Clerc-Renaud maquillé en suicide comme ce sera le cas aussi de votre mari, je reviens donc sur les événements des derniers mois de vie de Bernard Borrel.
mmédiatement après l’assassinat de Charles Clerc-Renaud, je suis reçu par M. Bernard Perret, avocat général près la Cour d’Appel de Reims. Cette entrevue ostentatoire m’a probablement sauvé la vie.
Nous savons tous les deux, comme vous et votre mari, que Charles Clerc-Renaud ne s’est pas suicidé mais a été suicidé avec une mise en scène dont les sbires de la DST ou des R.G. sont coutumiers.
Etant donné les déclarations de B. Perret de me tenir prêt à reprendre la direction de la société Forolog, j’en déduisais qu’il agissait encore et toujours sur une autre personne, encore en vie. Et de surcroît qui avait été présente ou était encore présente au Tribunal de Grande Instance de Lisieux.
Je ne connaissais pas le nom de cette personne ni sa localisation. Je ne saurais qu’il s’agissait de votre mari qu’à la fin des années 90 et qu’il était alors en mission à Djibouti.
Quoiqu’il en soit, Bernard Perret me donne des directives pour effacer les traces de la subornation de ma fille par votre mari : en tant que gérant, je dois la faire revenir sur ses déclarations diffamatoires à mon égard, déclarations qui sont la preuve de ladite subornation.
En conséquence, je provoque une réunion avec ma sœur et son mari le 7 octobre 1995 afin de demander à ma sœur de m’aider à reprendre des relations, ne serait-ce que professionnelles avec ma fille qui avait disparu de la circulation le 5 juillet précédent juste après que je me fusse rendu compte de ses indélicatesses.
Cette entrevue de deux heures fut en échec. Je n’avais plus eu de relation avec ma sœur depuis plus de 50 ans et j’avais oublié un certain nombre de ses travers psychologiques qui ne pouvaient qu’entraîner son manque de collaboration.
Son attitude inepte en octobre 1995 a certainement eu une influence néfaste sur l’action entreprise par Bernard Perret en faveur de votre mari.
evenons à la fin du premier semestre 1995. Je suis dans la panade et totalement démoralisé, mais conservant toute ma confiance en Bernard Perret qui est averti par mes soins de toutes les péripéties de cette affaire FOROLOG-CAFAL-CIN/CIC-AMMEUX.
Il a identifié l’action malfaisante du procureur de Lisieux qui a remplacé votre mari mais il sait que c’est votre mari qui a suborné financièrement ma fille.
Bernard Perret met à mal la réputation professionnelle de votre mari ainsi que je l’ai déjà expliqué. Ce n’est déjà pas du joli … mais avec la subornation de témoin, votre mari risque la comparution devant un tribunal correctionnel.
La réputation de votre mari est devenue si lamentable que certains de vos collègues n’hésitent pas à vous conseiller, après sa disparition, de ne pas chercher à en savoir plus long sur lui :
Je ne suis plus sûr qu’il soit nécessaire pour vous de vous constituer partie civile ... J’ai pu voir l’ambassadeur de France à Djibouti et il m’a demandé de vous dire que vous ne devriez pas chercher à savoir car vous risqueriez d’être déçue de votre mari (dires de J.-B. Parlos) (page 86 du livre Un juge assassiné)
Aussitôt revenu en France pour ses vacances d’été, au début du mois de juillet 1995, il cherche donc à joindre ceux qui peuvent le réconforter.
Et en premier lieu, l’ami Charles Clerc-Renaud.
omme pour votre mari, mais avec moins de violence, Bernard Perret a aussi sonné la charge contre le président du Tribunal de Grande Instance de Lisieux, Charles Clerc-Renaud, en l’informant du traitement ahurissant du dossier de la liquidation judiciaire de la société Forolog. Et aussi de la subornation de ma fille.
En se rencontrant, votre mari et Charles Clerc-Renaud ressortent le dossier Forolog et consultent les états financiers, les mêmes qui m’ont été communiqués au début du mois d’avril 1994, à la suite de ma requête au greffe de la Cour d’Appel de Caen.
Ils veulent vérifier la matérialité des faits. Pas de doute ni de contestation possible, une ligne mentionne bien qu’une somme de 55 624 F. a été attribuée à Pascale Ammeux en plus des salaires versés par le FNDGS.
Quelle solution mettre en œuvre pour éviter une mise en examen pour subornation de témoin et comparution humiliante et infamante devant un tribunal correctionnel ?
Pas moyen d’effacer cette ligne car je possède la copie du document qu’ils consultent. Et inutile d’ajouter une altération grave de document pour induire en erreur d’autres magistrats …
Demander à Pascale Ammeux de reverser cette somme ? Tout
aussi inenvisageable … car elle a déjà fourni la contrepartie même si ce fut
sous la pression ou les menaces d’autres magistrats ou policiers enquêteurs. Il ne reste plus qu’une solution : rembourser cette somme sur ses propres deniers, et de surcroît, demander à Pascale Ammeux de déposer des dires contraires rectifiant ses déclarations calomnieuses.
Rembourser cette somme de 55 624 F., c’est possible.
Bernard Borrel va donc en faire la proposition à Bernard Perret : le remboursement de la somme, si possible la disparition de toute traces de la subornation pour éviter une mise en examen, son accord pour que je reprenne la direction de la société Forolog.
La seconde partie de cette proposition (disparition de toutes traces …) est vraiment problématique. Faire disparaître ou annihiler les dires diffamatoires par d’autres dires ? La seule personne qui peut raisonner Pascale Ammeux est son père qui avait créé la société pour elle en lui attribuant 70 % des parts sociales.
Tous deux, votre mari et Charles Clerc-Renaud, continuent néanmoins à dire à qui veut bien les entendre que la liquidation judiciaire de la société Forolog a été exigée par plusieurs magistrats de parquets généraux pour protéger la Cafal et pour dissimuler un détournement de fonds publics au profit des partis politiques.
Votre mari repart donc à Djibouti en abandonnant en métropole son ami Charles Clerc-Renaud dans son tribunal de Lisieux et sans avoir été reçu à la Chancellerie ni par PG1-XXX ni par PG2-Moinard.
Sitôt vos valises défaites, c’est l’assassinat de Charles Clerc-Renaud qui vous tombe dessus.
Cet assassinat que je narre dans la lettre précédente va accélérer les événements.
n effet, dès l’assassinat de Charles Clerc-Renaud, Bernard Perret avait compris que la vie de votre mari était en danger, et pour les mêmes raisons : tous deux dévoilaient que la liquidation judiciaire de la société Forolog avait pour finalité de dissimuler un détournement de fonds publics ourdi par la Cafal au profit des partis politiques et notamment de celui au pouvoir depuis mai 1995.
Le mal était fait en ce qui concerne la révélation du détournement de fonds publics par les deux magistrats Borrel et Clerc-Renaud, aussi bien à Djibouti qu’en métropole.
La seule solution valable était que je reprenne la direction de la société Forolog et que je reprenne aussi en personne les poursuites contre la Cafal et son alliée de circonstance, la banque CIN, pour dédouaner les deux magistrats.
Bernard Perret, après la proposition de votre mari de rembourser la somme litigieuse, a imaginé une stratégie assez audacieuse qui attirerait l’attention des médias sur un aspect pouvant être jugé secondaire en apparence qu’on peut résumer ainsi : un magistrat français qui reverse 55 624 F dans les comptes d’une société en liquidation judiciaire tout en avouant avoir été circonvenu par ses collègues.
Et pour parachever le tout : reprise de l’activité d’une société qui avait un marché national avec l’association AFPA et un autre avec les centres sociaux rattachés aux caisses d’allocations familiales.
Bernard Borrel avait affectivement pris ses dispositions pour rembourser les 55 624 F de la subornation en demandant un prêt de 50 000 F. à votre banque de Lisieux. Il était donc prêt à suivre les directives de Bernard Perret et il avait retiré l’argent destiné à réapprovisionner les comptes de la société Forolog.
Vous et le journaliste Chris Lafaille, tous deux vous mentionnez que Bernard Borrel avait retiré le 18 octobre au matin une somme de 1 450 000 francs djiboutiens à la suite d’un accord de crédit de la banque BNP de Lisieux.
L’autre (écrit) évoque l’argent contenu dans la sacoche. Mon mari s’était fait consentir un découvert de 50 000 francs et cet argent n’ayant « pas été dépensé » il faut le remettre à la banque. (page 53 du livre Un juge assassiné)
En compagnie de Mme Borrel [Sapkas-Keller] se mit à compter l’argent laissé par son mari. La somme s’élevait à 1 450 000 francs-Djibouti, soit un peu moins de 50 000 FF, soit encore 7 000 euros. (page 58 du livre Aux portes de l’enfer)
près l’échec de mon entrevue avec ma sœur du 7 octobre, j’ai donc écrit à Bernard Perret pour lui redire que je n’abandonnais pas mes efforts pour reprendre des relations avec ma fille et que je lui conservais ma confiance de père.
Je joignais aussi une copie de la lettre adressée à la jeune juge Le Fischer concernant les mots durs que j’avais employés à son égard.
De votre côté, vous avez été totalement abasourdi en apprenant le décès de Charles Clerc-Renaud mais en affichant la fable de suicide :
Ce fut Elisabeth qui prit le téléphone. Elle s’est écroulée d’un coup en glissant le long du mur en criant : « Charles, non ce n’est pas vrai … » Elle passa le téléphone à son mari blanc comme un linge en lui disant : « Charles Clerc-Renaud s’est suicidé ce matin dans son bureau » (page 96 du livre Aux portes de l’enfer)
… alors que vous saviez que c’était un assassinat. Avec un mobile bien précis des commanditaires : il fallait faire taire Bernard Borrel et Charles Clerc-Renaud qui révélaient les exactions de la Cafal et le détournement de fonds publics au profit des partis politiques.
Dès ce 14 septembre, votre mari a compris qu’il fallait d’urgence sortir de l’imbroglio qu’il avait provoqué en laissant se produire la liquidation judiciaire de la société que je gérais et, de surcroît, en subornant ma fille.
Mais même dans ces circonstances devenues critiques, il ne pouvait pas cesser de clamer que les partis politiques avaient détourné l’argent qui devait revenir aux assurés sociaux. C’était le seul moyen d’enrayer un processus de comparution pour subornation de témoin (que mettrait en place Bernard Perret si l’affaire traînait trop) tant qu’il n’aurait pas remboursé cette somme de 55 624 F.
Bernard Perret accusa réception de ma lettre sous forme recommandée le 16 octobre accompagnée de la copie de ma lettre à S. Le Fischer prouvant que j’avais fait la paix avec ce juge d’instruction.
Même si je n’avais pas encore réussi mes démarches envers ma fille, Bernard Perret téléphona à votre mari pour mettre à exécution la première partie du plan de sauvetage décrit ci-dessus, à savoir le remboursement de la somme de 55 624 F. et l’annonce officielle, par communiqué et par voie de presse, du détournement de l’argent collecté par la Cafal au profit des partis politiques.
En retirant les 1 450 000 francs djiboutiens le matin du 18 octobre, après la conversation téléphonique, il pensait toucher au but et enrayer définitivement le processus qui le tuait professionnellement.
Mais ladite communication téléphonique entre le parquet général de Reims et le bureau de votre mari à Djibouti fut bien entendu interceptée. Et pour les occupants de l’Elysée, il était hors de question de me mettre en situation de reprendre les poursuites contre la Cafal et de révéler leur odieux détournement de fonds publics.
Depuis le 14 septembre et l’assassinat de Charles Clerc-Renaud, la vie de votre mari ne tenait plus qu’à un fil. Le fil venait de casser le 18 octobre et le sursis était terminé. Pas de remboursement et pas de révélations qui auraient signifié la fin du septennat de J. Chirac.
Place donc aux sbires de la DGSE en cette fin de journée du 18 octobre 1995.
ès le matin du 19 octobre, vous savez que votre mari ne s’est pas suicidé. Surtout quand vous avez lu que vous pouviez rendre l’argent à la BNP de Lisieux. C’était la preuve que le plan de sauvetage imaginé par votre mari et accepté par B. Perret n’avait pas fonctionné.
C’était aussi pourquoi je vous ai écrit dans une précédente lettre que B. Perret voulait sauver votre mari alors que votre époux avait déjà commis la bourde stratégique de révéler les exactions de la Cafal et le détournement de fonds publics à partir de juin 1995 … pour sauver, pensait-il alors, sa réputation mise à mal par les révélations sur ses erreurs professionnelles, elles-mêmes provoquées par une note de couverture mal ficelée de janvier 1992.
En vous demandant par écrit de rendre l’argent emprunté à la banque de Lisieux, c’était dans son esprit une façon de vous dire adieu. Il savait que vous comprendrez que sa tentative de s’en sortir avait échoué. Et que personne d’autre que vous ne saurait en comprendre les sous-entendus et interpréter correctement ce message.
Quand il a quitté votre appartement en fin d’après-midi le 18 octobre, il savait qu’il allait au devant de la mort pour les mêmes raisons que Charles Clerc-Renaud.
Et accessoirement, rassurons le journaliste Chris Lafaille qui émet l’hypothèse que votre mari serait parti …
… en refusant de verser au maître chanteur qui le tourmente la somme qu’il a retirée le matin même. (page 114 du livre Aux portes de l’enfer)
Ce n’est pas un secret. C’était une sorte de langage codé entre lui et vous pour vous prévenir qu’il était parti au devant d’une exécution, et surtout pas d’un suicide
Ne serait-ce que pour que vos enfants ne soient pas les fils d’un suicidé comme ceux de Charles Clerc-Renaud … Ne serait-ce que pour ne pas vous priver des indemnités qu’on peut verser aux ayants droit d’une personne assassinée mais non pour un suicidé … Une autre solution était encore possible : une fuite à l’étranger qui sera même évoquée par Jean-Claude Sapkas :
… réfléchissant à haute vois, il ajoute : - et s’il était parti à l’étranger parce qu’il se sentait menacé ? (page 52 du livre Un juge assassiné)
Personne n’avait encore trouvé le corps de votre mari à cette heure matinale du 19 octobre. Il faudra un jour prochain analyser cette remarque pour voir si elle ne fait pas référence à une conversation en fin de journée, la veille.
otre mari est donc assassiné soit très tard le soir du 18 soit très tôt dans la nuit du 19 octobre avec, ensuite, une mise en scène très instructive.
Quand les sbires des services secrets de Djibouti (ils ont aussi leurs barbouzes) décident de commettre un attentat, il jette une grenade dans un café et cela fait des morts.
Une grenade fait des morts. Et c’est tout. Ils ne vont pas ensuite ramasser les morceaux de la grenade et les remplacer par d’autres morceaux pour faire croire que la grenade provient de la Chine et non pas de la Libye.
Votre mari a pu être tué, par exemple, par une piqûre létale dans l’avant-bras. Ce qui est un procédé plus propre qu’une barre de fer sur le crâne, mais cela s’appelle toujours un assassinat.
Puis les sbires de la DGSE ont maquillé leur forfait tout à la fois : - en imitant des mœurs barbares qu’ils prêtaient aux djiboutiens : coups sur le crâne, inflammations du haut du corps (pourquoi pas pour cacher une piqûre ?), - et en piégeant le futur président de la République de Djibouti en lui demandant de faire convoyer le 4X4 Suzuki sur les lieux où le corps de votre mari sera découvert.
Les nervis des services spéciaux savent très bien utiliser le terrain et l’environnement. Ainsi à Lisieux, ils se sont servis d’une arme prélevée dans les scellés d’une affaire en cours d’examen.
Vous n’allez tout de même pas dire que c’est un sbire envoyé depuis Djibouti en Normandie qui a tué Charles Clerc-Renaud.
’est maintenant que je mets un bémol aux félicitations que je vous accordais à la fin de la lettre du 29 mai, et pour les quelques raisons suivantes.
Vous n’avez jamais évoqué l’hypothèse d’un assassinat pour Charles Clerc-Renaud, alors que dès le premier instant vous saviez que c’était un assassinat parce qu’il était venu en aide à votre mari.
Vous avez immédiatement orienté les soupçons vers IO Guelleh, et votre livre ne retient que cette hypothèse, sans même vous interroger sur les raisons de la mise en scène de l’assassinat de votre mari,
En cela vous jouez le jeu malsain des commanditaires français qui avaient et qui ont toujours intérêt à dissimuler qu’ils volaient l’argent récolté pour les assurés sociaux.
Vous et vos deux avocats ne réagissez pas quand J. Chirac s’abaisse devant IO Guelleh dans la Cour de l’Elysée : pourquoi une telle servilité d’un dirigeant politique ?
Et de surcroît, vous sollicitez et acceptez une invitation à l’Elysée dont le principal occupant en 2008 connaît les rôles de J. Chirac et de D. de Villepin dans cet assassinat.
Vous ne semblez tenir aucun compte que votre mari a fait au moins trois victimes : - d’abord, Charles Clerc-Renaud, et aussi son épouse Martine qui a perdu son mari qui avait entrepris de défendre le vôtre. Et ajoutons ses deux enfants pour faire bonne mesure. - et ensuite, moi-même : j’ai tout perdu, mon travail, mes biens, mon petit bout de famille …
Et vous, pendant ce temps-là, vous vous répandez sur la place publique afin que tout un chacun s’apitoie sur votre sort en oubliant les vrais victimes : Martine et Charles Clerc-Renaud depuis septembre 1994 … et aussi moi-même depuis mars 1992 !
Donc, in fine, re-félicitations pour votre obstination … mais le compte n’y est pas.
Christian AMMEUX
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