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Le 29 mai 2008 LETTRE OUVERTE
Madame Elisabeth BORREL
Madame, Les événements des deux ou trois derniers mois de la vie de votre mari auraient dû être l’objet de cette lettre. Mais, en ce milieu du mois d’octobre 1995, Charles Clerc-Renaud attendait l’ami Bernard Borrel, depuis un mois, au Walhalla des magistrats Il ne vous a pas échappé que votre mari a été assassiné un mois après le décès de Charles Clerc-Renaud que vous aviez bien connu, vous et votre mari, lors de votre passage à Lisieux. Votre action a permis de requalifier le prétendu suicide de votre mari en assassinat. L’examen des faits et les mouvements enregistrés dans la magistrature bas normande amènent à se poser quelques questions sur la réalité du suicide de C. Clerc-Renaud. Commençons donc par ordre chronologique et penchons nous sur le cas du président du Tribunal de Grande Instance de Lisieux.
harles Clerc-Renaud s’est donc tiré une balle dans le cœur le jeudi 14 septembre 1995, avec une arme trouvée dans les scellés, alors qu’il s’était entretenu plusieurs fois avec votre mari au cours des deux mois précédents. Etant dans la panade la plus totale et sans me référer à cette mort au téléphone, mais en la connaissant par la rumeur publique dès le samedi 16 septembre (la nouvelle sera diffusée dans la presse locale, L’Eveil de Lisieux, le jeudi 21/09/95), j’ai appelé Monsieur l’avocat général Bernard Perret dès le lundi 18 octobre 1995, et dès 9 heures, afin d’obtenir un rendez-vous. Habituellement, ni un procureur général ni un avocat général ne prennent au téléphone un justiciable mis en examen et renvoyé devant un tribunal correctionnel. Et s’il existe un doute favorable au justiciable, ce sera, dès la greffière : Ecrivez nous, le procureur va examiner votre demande et vous répondre. Ce lundi 18 septembre, en moins de dix secondes, la standardiste de la Cour d’Appel de Reims me mit en relation à avec M. Perret. Et sitôt ma demande d’entretien formulée, quelques secondes plus tard : Lundi prochain à cette heure-ci. Cela vous convient ? C’était vers 10 h 30. Considérant l’extrême rapidité de sa réponse sans même demander quel sera l’objet de ma visite, j’avais conclu qu’il avait compris mon désarroi, qu’il savait que la mort de Charles Clerc-Renaud était tout sauf un suicide et qu’il avait des choses importantes à me dire. A cette date du 18 septembre, tous deux, votre mari et M. Perret, connaissaient la mort de Charles Clerc-Raynaud, et tous deux savaient qu’il s’agissait d’un assassinat et non d’un suicide. Moi aussi, et de surcroît, en relation avec la plainte que j’avais déposée contre la Cafal. Votre mari avait reçu, en janvier 1992, une note de couverture pour laisser se produire le dépôt de bilan crapuleux de la société Forolog. Charles Clerc-Raynaud arrivé à Lisieux en octobre 1993 n’avait reçu aucune note de couverture, même mal ficelée, pour lui expliquer la situation. Et même pire que cela, ce sera votre mari qui lui fera le croche-pied fatal le jour de votre départ pour Djibouti en transférant ce qui n’était que l’affaire Forolog/Cafal/CIN du commercial au pénal. Cette tragédie, l’assassinat de C. Clerc-Renaud, dont il était directement (et il s’en est rendu compte immédiatement dès l’annonce téléphonique) la cause acheva de déstabiliser votre mari déjà mis à mal par les révélations de B. Perret sur ses errements professionnels de magistrat.
e lundi 25 septembre 1995, M. Bernard Perret m’introduisit dans son bureau. Dès la poignée de main de bienvenue, il entama l’entretien par ces mots : Oui ! Je sais … Vous verrez : votre fille sera l’enfant prodigue. Tenez vous prêt à reprendre la direction de la société Forolog et faites la distinction entre votre rôle de père et vos fonctions de gérant. Le problème était posé. Il fallait comprendre ; Je sais que le magistrat Charles Clerc-Renaud ne s’est pas suicidé. Laissez moi faire le nécessaire pour remettre en route la société Forolog. Je vous aide à récupérer votre fille par le travail. Mais faites votre boulot de gérant en annihilant tous les ragots qu’elle colporte. Il était conscient que la vie de votre mari ne tenait plus qu’à un fil, et la mienne, disons à deux fils ! Il me recevait dans son bureau du parquet général de Reims au vu et au su de tous ses collègues alors que j’étais mis en examen pour un prétendu détournement d’actif et de biens sociaux à la suite du réquisitoire introductif signé par votre mari quasiment le jour de votre départ pour Djibouti, le 14 février 1994. Il me recevait dans son bureau du parquet général de Reims, aussi et surtout, pour dire aux sbires de la DST ou des R.G. qu’il me protégeait et qu’il ne fallait pas attenter à ma vie.
En présence de M.
Perret, il ne faut pas biaiser et toute votre vie doit être irréprochable.
D’emblée, il venait de résumer la situation : Ce long entretien fut très réconfortant pour moi mais je n’en ai tiré aucun bénéfice, hélas ! Sinon d’avoir eu la vie sauve car les sbires de la DST ou des R.G. avaient compris qu’il ne fallait pas me toucher. Je me souviens d’un détail que je juge maintenant cocasse avec le recul. En répondant à une de ses questions, je lui ai révélé que je ne percevais que 2700 F. d’allocation mensuelle chômage. Il écarquilla les yeux, incrédule. J’ai mieux compris son étonnement quand j’ai appris que votre mari percevait 65 000 F. par mois … En un demi mois de rémunération, votre mari gagnait ce que je percevais en un an ! Je ne comprendrai que plus tard que cet avocat général était dans une rage folle quand il avait appris le décès de Charles Clerc-Renaud et que ses collègues magistrats (Philippe Peyroux notamment) avaient conclu qu’il s’agissait d’un suicide. Alors que lui a immédiatement eu la certitude que c’était un assassinat aux fins de protéger la Cafal et des politiciens véreux. Après cet entretien, je ne suis pas rentré directement à Deauville par Paris ; j’ai fait un détour par le Nord de la France afin de convenir d’un rendez-vous avec ma sœur et son mari pour le samedi 7 octobre, afin de répondre aux attentes de M. Perret, en ce qui concerne ma fille avec qui elle continuait à avoir des relations. Nous examinerons cela dans la prochaine lettre ouverte. Penchons nous sur le meurtre de Charles Clerc-Renaud avec … un révolver qui traînait dans les pièces à conviction d’une affaire pendante devant le tribunal de Lisieux.
nalysons d’abord les mouvements de magistrats dans la juridiction de Caen, tant à la Cour d’Appel qu’au tribunal de Lisieux. Votre mari a été circonvenu par le quarteron de magistrats en janvier 1992. A cette époque le tribunal de Lisieux était présidé par Alain Sadot qui avait accompli toute sa carrière de magistrat entre Lisieux et Caen. Il est d’ailleurs toujours à Caen. Votre mari l’a certainement informé de l’opération qu’il menait sur ordre d’un procureur général : la contrainte au dépôt de bilan d’une société pour me neutraliser et ainsi étouffer une plainte visant la Cafal. Ce ne fut pas seulement un dépôt de bilan mais une liquidation judiciaire. Et il faudra essayer de transformer le gérant Christian Ammeux en responsable de ce dérapage, mais sans passer par les magistrats de l’ordre judiciaire.
Ce furent donc les magistrats consulaires
qui tentèrent et réussirent à ma tailler un costume peu adapté à mes
compétences : Voilà l’œuvre commune de votre mari et d’Alain Sadot. Alain Sadot fut alors nommé conseiller près la Cour d’Appel de Caen le 18 juin 1993. Il y rejoignit PG3-Clouet alors substitut général près la même Cour d’Appel. Tous deux pouvaient donc surveiller et prévenir tout dérapage pouvant se produire au Tribunal de Grande Instance de Lisieux au sujet de l’affaire Forolog/Cafal.
harles Clerc-Renaud n’arriva à Lisieux qu’en octobre 1993 pour assurer la présidence du tribunal. Il n’a donc eu aucune influence sur les deux condamnations susnommées qui m’avaient été infligées par le tribunal de commerce de Honfleur. Il sympathisa avec votre mari pour les quelques mois de vie professionnelle commune :
Bernard se lia d’amitié avec un
de ses collègues, le nouveau président du tribunal, le juge Clerc-Renaud,
arrivé à Lisieux en octobre 1993. On les voit souvent déjeuner ensemble. On est en droit de penser que votre mari a expliqué à Charles Clerc-Renaud avoir été circonvenu par quatre magistrats dans l’affaire Forolog/Cafal car il continuait à constituer un dossier contre ma personne avec les pièces de procédure que lui transmettaient régulièrement les membres du tribunal de commerce de Honfleur. Un gros grain de sable va venir gripper la machine judiciaire : j’ai interjeté appel du jugement du 8 septembre 1993 m’interdisant d’exercer une direction de société pendant les 20 années suivantes et j’ai déposé mes conclusions au greffe de la Cour d’appel de Caen en janvier 1994 pour une audience fixée au 1er avril 1994. Dans ces conclusions, je taille en pièces la condamnation à payer 636 205.32 F à la banque CIN et je dénonce les circonstances crapuleuses de ma contrainte à déposer le bilan de la société Forolog … ainsi que le mobile : étouffer les poursuites entreprises contre la Cafal. Et qui va-t-on consulter quand le dossier arrive à la Cour d’Appel de Caen ? Bravo ! Vous avez deviné : PG3-Clouet et Alain Sadot. Alors, ça ne rigole plus : les magistrats professionnels d’une cour d’appel vont retoquer les magistrats consulaires. C’est tout vu. Et nous sommes en janvier 1994. Arrive alors la décision de votre départ pour Djibouti et le pot d’adieu de votre mari en janvier 1994. Il est hors de question de laisser se produire l’audience du 1er avril suivant devant la Cour d’Appel de Caen : les magistrats professionnels vont tailler en pièces les décisions du tribunal de commerce de Honfleur. Les magistrats de la Cour d’Appel de Caen (rappelez-vous, ils s’appellent PG3-Clouet et Alain Sadot) demandent à votre mari de remettre l’ouvrage sur le métier et de concocter un réquisitoire introductif sur un quelconque délit qui me serait attribué afin de pouvoir reporter cette audience bien dérangeante du 1er avril. Votre mari reprend donc le dossier qu’il a constitué me concernant avec toutes les pièces de procédure en provenance du tribunal de commerce de Honfleur. Il décide alors de transférer mon affaire du commercial au pénal en émettant un réquisitoire introductif sur un prétendu détournement d’actif qu’il signe la 14 février. Bernard Perret, avocat général à Reims est prévenu en détail de toutes les anomalies et de tous les dérapages des procédures acceptées et couvertes par votre mari. Celui-ci sait que je n’ai rien détourné et il sait aussi qu’il m’a tendu un nouveau guet-apens comme celui du 5 mars 1992 (contrainte au dépôt de bilan). La question est de savoir s’il a pris la décision du réquisitoire introductif avec les magistrats de la cour d’appel, sans en parler à Charles Clerc-Renaud. Dans ce cas, un tel réquisitoire est un véritable croque en jambe à son ami qui héritera d’une situation inextricable … avec un avocat général surveillant le dossier. Ou, autre solution : votre mari en a parlé à Charles Clerc-Renaud et a sollicité une seconde note de couverture pour délivrer un tel réquisitoire et dédouaner par avance son ami président du tribunal. Je l’ignore, mais toujours est-il qu’à la fin de cette procédure, PG1-XXX devra avaler son chapeau, le noeud papillon, la redingote avec la couleuvre dans la poche, en participant à la rédaction de l’arrêt de la Cour de Cassation qui, pour une fois, motive sa décision dans un attendu : les sources des logiciels n’ont pas été remis mais, au cours de l’enquête, le bénéficiaire de la cession d’actif déclare qu’il les détient ! Quelle a été l’astuce foireuse de votre mari : il a retiré des pièces de la procédure les deux ordonnances de cession d’actif intégrant lesdites sources dans les actifs cédés.
evenons à ce réquisitoire introductif. Charles Clerc-Renaud décide par une ordonnance du 3 janvier 1994 que les dossiers ouverts au cours de la période :
Du vendredi 11 février 1994 à
18 heures au vendredi seront confiés pour instruction à Monsieur Gérard DENARD. Philippe Peyroux, le successeur de votre mari, est nommé procureur à Lisieux le 11 mars 1994 en provenance d’Alençon. Il ouvre les placards à cadavres vers la mi-avril. PG3-Clouet et le conseiller Sadot sont d’excellents cicérones pour cette exploration. Et l’escroc Christian Ammeux est en bonne place dans le calendrier. Le 21 octobre 1994, ma fille est convoquée dans le cadre de cette enquête curieusement confiée au SRPJ de Rouen, et non à celui de Caen ou de Deauville … Je n’aurai le texte de sa déposition qu’à la fin de l’année 1999. Elle a néanmoins commis quelques maladresses qu’une simple lettre aurait permis de rectifier. Ce que me demandait précisément l’avocat général Bernard Perret, le 25 septembre 1995, pour tenter de sauver votre mari. Puis ce fut le cataclysme du premier semestre 1995 au cours duquel j’ai totalement perdu pied. Je me noyais. Les coups pleuvaient de tous les côtés. Si bien que le 29 mai 1995, dans un couloir de l’étage du palais de justice de Lisieux, j’ai demandé au juge d’instruction Gérard Denard alors que j’étais officiellement mis en examen : Mais qu’avez-vous après moi ? Et sa réponse assez stupéfiante : Vous êtes un excellent technicien de l’informatique. Vous savez gérer une société. Mais je n’ai pas envie de terminer votre dossier. Je m’en vais. Me faire cette déclaration était le signe d’un grave désaccord, à mon sujet, avec son procureur Philippe Peyroux Et effectivement, il fut nommé à Pau, à l’autre bout de la France, le 1er juillet 1995, et une jeune fille très agressive, Sylvia Le Fischer, le remplaça à Lisieux, le même jour. Pourquoi agressive ? La seule et unique fois que nous fumes dans la même pièce, le 25 janvier 1996, en présence de Me Demilliere, elle fut capable de me dire, sans aucune raison apparente : Je puis vous mettre en prison ! alors que je répondais calmement à ses questions depuis dix minutes. Qui a été capable de lui suggérer une telle agressivité toute gratuite ? Certainement pas Charles Clerc-Renaud qui était déjà sous terre. Il ne reste plus que son procureur de l’époque.
endant cette fin de premier semestre 1995,
Bernard Perret a sorti l’artillerie : pour arrêter mon massacre : Bernard Borrel tente de contacter son camarade de promotion, B. Meslin, à la Chancellerie.
Bernard avait tenté de joindre Benoît Meslin
à plusieurs reprises, en vain, quelques semaines avant de mourir. Peine perdue et quand il se présente à la Chancellerie, il est reçu comme un chien dans un jeu de quille pendant ses vacances d’été en métropole, comme le confirme le journaliste Chris Lafaille.
Sans violence verbale, mais fermement, Bernard Perret a aussi demande à Charles Clerc-Renaud de mettre un terme aux agressions que je subissais et de bien vouloir prendre ses dispositions pour remettre en fonctionnement la société Forolog, avec moi comme gérant. Néanmoins, Bernard Perret fit remarquer à la Chancellerie que Charles Clerc-Renaud négligeait gravement ce dossier commercial. Les deux magistrats amis, Borrel et Clerc-Renaud, se sont concertés pour constater que le ciel leur tombait sur la tête. Et qu’était venu le temps de tout déballer : la contrainte délictueuse de dépôt de bilan en mars 1992, le rôle pervers de la Cafal dans le détournement des fonds qu’elle percevait, le rôle odieux des partis politiques qui se partageaient les fonds, l’enquête à charge contre moi … En conséquence, Charles Clerc-Renaud mit les points sur les i à son procureur Philippe Peyroux. D’autant plus qu’il avait été aussi informé du désaccord entre G. Denard et ledit procureur. Avec l’arrivée de la jeune Le Fischer, le procureur espérait pouvoir continuer sa sale besogne. C’était son premier poste de magistrate et elle devait être assez malléable pour suivre ses instructions, les instructions d’un procureur tout de même … Ainsi, il n’aurait pas à convaincre l’autre juge d’instruction, Sylvie le Bourg, ancienne collègue de G. Denard, qui savait qu’un tel dossier ne pouvait qu’attirer des ennuis pour le restant de la carrière.
uid de Mademoiselle Sylvia Le Fischer ? Par ordonnance du 4 septembre 1995, le président Charles Clerc-Renaud la nomme pour suivre l’information me concernant en remplacement de Gérard Denard. Au cours de la même semaine du 4 au 9 septembre, il organise un petit pot de réception pour la jeune magistrate, et un petit speech tout en finesse :
Cette jolie robe est encore
vierge, mais si les prêtres et les magistrats ont une robe noire, c’est qu’à
force de descendre au plus profond de l’âme humaine, ils portent le deuil de
leurs illusions. La jeune magistrate a dû jeter des yeux effarés. Que me raconte-t-il sur ma toge et sur mon âme ? Elle aurait été bien inspirée de jeter un œil vers son procureur qui venait de recevoir une estocade pleine de finesse et d’une rare précision. Un homme, qui manie l’humour avec une précision telle qu’il atteint en plein cœur un adversaire alors que tous les autres assistants ne se rendent même pas compte qu’un coup mortel a été porté, ne peut pas se suicider. Il possède une arme que seuls quelques rares humains sont capables de manier avec une telle virtuosité. Philippe Peyroux bien impuissant devant la virtuosité de son président décida d’aller pleurnicher dans les gilets des magistrats Clouet et Sadot en disant que deux rebelles, Borrel et Clerc-Renaud, sabotaient son travail qui était de neutraliser ce Christian Ammeux. Ces derniers voulaient lui redonner la direction de la société Forolog et lui permettre de reprendre sa guerre juridique contre la Cafal. Avec la conséquence évidente de dévoiler le détournement de fonds publics, détournement ourdi par la Cafal au profit des partis politiques. Rencardés par les magistrats de la cour d’appel de Caen, les magistrats de la Chancellerie PG1-XXX et PG2-Moinard, avertirent les deux dirigeants de l’Elysée arrivés quatre mois plus tôt dans ce palais. Le verdict de ceux qui ne voulaient plus s’emmerder – selon l’expression de J. Chirac – tomba : supprimer les trois empêcheurs de détourner en rond : B. Borrel, C. Clerc-Renaud et C. Ammeux. Le premier à passer à la trappe fut donc Charles Clerc-Renaud.
’ai déjà dit ci-dessus qu’un homme doué d’un tel humour cinglant et sachant l’utiliser avec une telle finesse ne se suicide pas.
Mais tout était prêt pour son assassinat : En plus de ce contexte de guerre larvée, plusieurs arguments plaident en faveur de l’assassinat et non du suicide. En voici quelques-uns : 1 – la disposition des lieux. On entre dans le palais de justice de Lisieux, soit par le rez-de-chaussée depuis la Cour Matignon, soit par le premier étage depuis le jardin de l’évêché. En 1995, le portique de contrôle n’était pas installé au rez-de-chaussée. Mais il fallait passer devant les hôtesses et gravir un escalier monumental sous les yeux desdites hôtesses. Pas très discret pour un assassin potentiel. Par contre, à l’étage, la porte était d’accès totalement libre. Elle donnait sur un vestibule désert. Vous faisiez quinze pas et vous tournez à gauche pour prendre un couloir. Vous faisiez quinze pas dans ce couloir non surveillé et l’assassin se trouve devant la porte portant un petit écriteau : Président du Tribunal. Et personne ne l’a vu ! 2 – l’assassinat proprement dit. Le coup de feu a dû être sérieusement étouffé. Une simple cloison sépare le bureau du président de celui des greffières, qui sont présentes car il les a saluées en arrivant vers 8 h. 30. L’arme qui a tué devait être équipée d’un silencieux et un dispositif d’étouffement du bruit supplémentaire (tel un coussin) a dû nécessairement être mis en œuvre. 3 - les lettres présentes devant le corps mort ne sont pas une preuve. Elles peuvent n’être qu’une mise en scène préparée à l’avance par un habile faussaire et déposées par l’assassin une fois son forfait accompli. 4 - il est curieux que ce soit le procureur Peyroux (pas en très bons termes avec son président) qui annonce dès le jour de l’enterrement, le lundi 18 septembre, qu’une enquête a conclu sans aucune ambiguïté au suicide. Donc seulement en 48 heures. Cela ne vous rappelle pas Sapkas, Mouline, Roussin et consorts s’activant le jour même de l’assassinat de votre mari pour obtenir que les djiboutiens déclarent qu’il s’agissait d’un suicide. 5 – la balle dans le cœur, méthode très précise et infaillible des barbouzes, et non dans la tempe, méthode très primaire de ceux qui se suicident … pour le première fois et aussi la dernière fois. 6 - il est probable que toutes les investigations légalement prévues en cas de suicide n’ont pas été menées à terme. Et comme dans le cas de Bernard Borrel, tout le monde s’est empressé de mettre le corps de Charles Clerc-Renaud en terre pour ne plus le ressortir 7 – si la mort de Charles Clerc-Renaud n’avait été qu’un suicide, l’avocat général Bernard Perret ne m’aurait pas accordé, trois jours après, un entretien et fait venir à Reims dans des délais aussi brefs …
L’épouse du président du tribunal de Lisieux était elle aussi magistrate, comme vous, selon ce que j’ai lu. Mais je n’ai pas retrouvé sa trace dans l’annuaire de la magistrature. Pourquoi n’a-t-elle pas réagi comme vous, passé le traumatisme des premiers jours ? Elle aurait très bien pu retarder de quelques jours l’enterrement et l’inhumation de son mari. Le temps de réfléchir, d’examiner plus en détail les lettres et leur contenu, de demander des analyses complémentaires … de demander une reconstitution sur les lieux avec les participants du jeudi, jour des référés au tribunal de Lisieux. Cette précipitation pour conclure au suicide et la présence de P. Peyroux, se répandant dans la presse, accélérant cette précipitation me semblent de mauvais aloi.
out le monde doit vous reconnaître un mérite : celui de vous être entêtée jusqu’à faire reconnaître que la mort de votre mari était un assassinat. Une fois cette vérité reconnue, il fallait se poser la même question sur la fin tragique de Charles Clerc-Renaud qui avait entre les mains le même dossier de détournement de fonds publics ourdi par la Cafal, et tous les deux harcelés, mais pas avec la même intensité, par le même avocat général. Dans la prochaine lettre consacrée aux derniers jours de votre mari, je vais néanmoins tempérer un peu ce coup d’encensoir. Certains de vos comportements posent problème. Même si votre mari a détruit une bonne partie de ma vie, celle qui m’aurait permis de ne pas vivre dans une misère relative et avec peu plus de revenus, je tiens à saluer publiquement votre courage. Et si vous voyez encore les enfants du couple Clerc-Renaud, dites leur qu’ils ne sont pas les enfants d’un suicidé, pas plus que les vôtres.
Christian AMMEUX
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