Le 5 avril 2008

 

                                       LETTRE  OUVERTE

 

   

 

                                       Madame Elisabeth BORREL

47 rue du chant du merle

                                       31400    TOULOUSE

  

  

Madame,

 

 Qu’il me semble lointain le temps où vous étiez devant le pupitre du Mémorial de Caen, bien campée sur vos jambes et regardant plus d’un millier de personnes dans les yeux, parlant avec le cœur sans même jeter un regard sur vos notes pour vilipender vos collègues magistrat(e)s et le personnel politique de tous bords.

 

Ce n’était pourtant qu’en janvier 2006.

 

Depuis votre livre Un juge assassiné a été mis en vente dans les librairies. Combien de lecteurs ont-ils été capables de lire entre les lignes ? Je pense que pour vous ce livre était une bouteille à la mer et que vos avocats, Morice et de Caunes, n’ont rien vu venir. Mais vous, vous aviez conscience que ce que vous écriviez allait tomber sous mes yeux.

 

Et que j’allais en faire un usage pour tailler des croupières aux vrais commanditaires de l’assassinat de votre mari.

 

 

D

ans la dernière lettre ouverte du 5 octobre dernier que vous avez reçue, j’écrivais à propos de I.O. Guelleh : Ayez la même attitude, sans parti pris, sauf à avoir des preuves irréfutables contre la personne que vous pensez devoir accabler.

 

Vous le considérez comme le commanditaire de l’assassinat de votre mari et des millions de personnes pensent comme vous, ne serait-ce que parce que vous l’affirmez, aussi bien dans les médias que dans votre livre.

 

Il était déjà curieux et choquant que le président djiboutien ait pu contraindre le président de la république française à lui servir de carpette dans la cour d’ l’Élysée. Cela indiquait que J. Chirac n’était pas blanc comme neige dans la disparition de Bernard Borrel.

 

Mais quand les français lisent dans le journal Le Monde les lignes suivantes :

 

Le président Nicolas Sarkozy a accepté l’invitation à se rendre à Djibouti qui lui a été faite, mardi 11 décembre, par le chef de l’État de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, à l’issue d’un entretien à l’Élysée, selon une source bien informée. La date de la visite n’a pas encore été fixée mais « le plus tôt serait le mieux » a indiqué au Monde un collaborateur de Nicolas Sarkozy.

 

Qu’en penser ?

 

Étant donné que :

- votre thèse – le commanditaire de l’assassinat de votre mari est IO Guelleh – n’a pas été contredite formellement par l’Élysée,

- Nicolas Sarkozy vous a reçu personnellement à l’Élysée en vous raccompagnant même sur le perron, encore une fois sans contredire votre thèse,

- la majorité des français croit que votre thèse est la plus probable car vous l’avez écrite dans votre livre Un juge assassiné et vous l’avez proclamée tant à la radio qu’à la télévision au cours de nombreuses émissions …

… la seule évocation d’une visite de N. Sarkozy à Djibouti est une bourde incompréhensible : comment un chef d’État français peut-il rendre visite à un homme soupçonné d’être l’assassin d’un magistrat français ? Et même le recevoir dans ces conditions le mardi 11 décembre 2007 ?

 

Je vous ai écrit que vous vous étiez rendue à Canossa en demandant audience, puis en acceptant l’invitation de N. Sarkozy. Commencez vous à comprendre ?

 

 

E

t ce n’est pas fini ! M. Guelleh, commanditaire d’assassinat selon vous et la rumeur publique, est à nouveau reçu à l’Élysée, mais presque en catimini : la presse ne relate sa présence que le jeudi 13 décembre en précisant que les affaires judiciaires n’ont rien à voir avec les affaires d’État.

 

Et vous gardez le silence. Et vos avocats gardent aussi le silence.

 

Le tapis rouge est même déroulé. Visite au Medef, entretiens avec les dirigeants de Total, de Vinci, de Degremont, de CMA-CGM … Manifestement, on vient de sauter une étape. Celle de la reconnaissance officielle qu’il n’est pas le commanditaire.

 

Si donc IO Guelleh n’est pas le commanditaire (ce que je pense et je le précise sur mon site internet), que Nicolas Sarkozy donne les noms du ou des commanditaires et de leurs complices avant de se rendre à Djibouti, pour lever toute équivoque.

 

N. Sarkozy pourrait au moins aller fouiner dans les bureaux de la cellule africaine du palais qu’il occupe depuis le mois de mai pour vous rendre compte des échanges de télécopies avec Djibouti dans les heures ou les jours qui ont précédé le meurtre de votre mari … et vous dire ce qu’il a trouvé puisque vos deux collègues magistrates n’ont pu y accéder le 2 mai dernier.

 

Des ordres sont partis de cette cellule ou de la Chancellerie vers un certain  Molinié qui semble refaire surface ces derniers temps à un poste bien modeste de sous-préfet.

 

 

J

e suis devenu gênant pour le pouvoir politique en place et mes thèses dérangent. Pourquoi ? Parce que, entre autres raisons, j’ai déterminé la composition du quarteron de magistrats qui a circonvenu votre mari en janvier-mars 1992. Trois d’entre eux sont encore en exercice : à la Chancellerie, à la Cour de Cassation et à la Cour d’Appel de Caen.

 

De surcroît, j’ai signalé tout dernièrement aux magistrats de Rouen et de la Cour de Cassation que la banque  CIN qui avait permis à votre mari de supprimer la société Forolog, société qui dénonçait le détournement de fonds publics au profit des partis politiques, s’est sabordée en toute discrétion le 11 janvier 2007. (cf. à la fin de la lettre)

 

 J’ai aussi signalé ces faits à deux journalistes. Vous verrez que ce sont de grands timides et qu’ils ne voudront déplaire ni à N. Sarkozy, ni à J. Chirac, ni à D. de Villepin, ni à une kyrielle de magistrats et d’hommes ou de femmes politiques …

 

Vous souvenez vous de l’arrêt de D. de Villepin à Djibouti lors de son retour de la Réunion au cours d’un voyage dans ce département, voyage motivé par l’épidémie du chikungunya. C’était le 26 ou le 27 février 2006.

 

Je me suis interrogé pour savoir si notre nouveau président de la République allait faire de même au retour de Johannesburg.

 

Apparemment, non. Pas d’écho dans la presse nationale.

 

 

A

près ce préambule imposé par l’actualité, revenons en mars 1992 et en octobre 1995. A cette dernière date, votre mari a entre les mains une note de couverture dont il voudrait rappeler l’existence à deux chefs de service de la Chancellerie mais ceux-ci ne veulent pas le recevoir, même au téléphone, le considérant alors comme un pestiféré.

 

Résumé des interventions précédentes.

 

1 - En mars 1992, la banque CIN provoque le dépôt de bilan de la société Forolog à la demande de PG1-XXX et de PG2-Moinard, avec la passivité coupable de votre mari, les procureurs généraux n’ayant pas évoqué, dans la note de couverture, le détournement de fonds publics commis, depuis plusieurs années, par les fonctionnaires de la Cafal.

 

2 - En avril 1992 : première intervention de l’avocat général Bernard Perret pour apprendre (ou rappeler) à votre mari que la contrainte au dépôt de bilan de la société Forolog avait pour finalité de dissimuler un détournement de fonds publics et de le faire perdurer. Votre mari est à son tour contraint d’exiger la liquidation judiciaire de la société CM DIS, complice de la  Cafal dans le détournement desdits fonds.

 

3 - En juillet-août 1995 : seconde intervention de l’avocat général Bernard Perret qui envoie votre mari dans les cordes du ring avec cette seule question :

 

Pourquoi avez vous versé la somme de 55 624 francs à la fille du gérant, actionnaire majoritaire de la société Forolog en détenant 70 % des parts sociales, en plus de la somme de 13 060 francs perçue au titre du FNDGS ?

  

 

S

i la situation est si dramatique pour votre mari, la raison en est qu’il a accumulé les bourdes jusqu’en février 1994. Et son statut de major de promotion ne lui fut d’aucun secours, et l’a probablement desservi.

 

Commençons chronologiquement par la première bourde.

 

Un mois après la contrainte au dépôt de bilan de la société Forolog, il doit se rendre à l’évidence que ledit dépôt de bilan n’a pas seulement pour but de permettre la rédaction d’un réquisitoire concluant à l’irrecevabilité de la plainte visant la Cafal que j’avais déposée.

  

L’avocat général Bernard Perret lui rappelle la lettre du 15 juin 1991 que PG1-Reygrobellet a reçue et a communiquée à PG2-Moinard. En réalité, il s’agissait de dissimuler un détournement de fonds publics et de le faire perdurer.

 

Votre mari a cru qu’il jouait dans la cour des grands et sans consulter ni PG1-XXX ni PG3-Clouet, il décida de lui-même d’exiger la liquidation judiciaire de la société CM DIS, mettant ainsi fin au détournement de fonds publics au profit des partis politiques.

 

Il était, dès le 29 avril 1992, promis à une voie de garage ou à une destination exotique : les politiciens et la haute magistrature ne conservent pas à la tête d’un parquet, fut-ce celui d’une petite bourgade de province, un magistrat aussi maladroit, privant les partis politiques de ressources financières faciles à prélever.

 

 

L

a seconde bourde ? Votre mari aurait pu se poser quelques questions sur les relations que j’entretenais avec M. Bernard Perret, avocat général au parquet de Reims, après l’intervention de ce dernier en avril 1992, au sujet de la société CM DIS.

 

Le dépôt de bilan de la société Forolog s’est soldé par une liquidation judiciaire après que les centres AFPA dépendant du ministère du travail eussent rompu les relations commerciales, lesdits centres n’ayant pas été mis au parfum de la nécessité d’étouffer la plainte visant la Cafal.

 

Dès lors, je fus convoqué maintes fois devant le tribunal de commerce de Honfleur pour des motifs les plus extravagants les uns que les autres.

 

Pour simplifier, disons que je ne puis accorder ma confiance à aucun avocat et que, plutôt que d’être ridiculisé devant un tribunal qui est dans l’obligation de déclarer que je suis un escroc, j’ai préféré envoyer des lettres et des notes bien étayées avec documents à l’appui aux trois principaux membres de la procédure commerciale, à l’administrateur judiciaire, au mandataire liquidateur et au président du tribunal de commerce.

 

A charge pour eux de transmettre lettres et notes à votre mari.

 

Et de mon côté, je transmettais toutes ces lettres et toutes ces notes explicatives à M. Bernard Perret, avocat général à Reims qui connaissait ma compétence professionnelle et mon honnêteté.

 

Les deux, votre mari et Bernard Perret, jouissaient donc la même information jusqu’au 14 février 1994. et je vais toujours être en relation avec M. Bernard Perret jusqu’en juillet 1998, date de sa mise à la retraite.

 

Toutes les informations communiquées à M. Perret – les mêmes que détient votre mari -lui serviront à rédiger la note qui déstabilisera votre mari à partir du mois de juillet 1995. Le contenu de cette note sera d’ailleurs repris dans l’arrêt du 12 septembre 2005 rendu par la Cour d’Appel de Rouen reconnaissant la culpabilité des membres de la procédure commerciale … et subséquemment la responsabilité pénale posthume du procureur de Lisieux au moment des faits.

 

Les enseignants de l’E.N.M. n’avaient certainement pas appris à votre mari qu’un chef d’entreprise compétent et expérimenté pouvait avoir des relations privilégiées avec un magistrat d’un parquet général d’une autre juridiction que la sienne … Une telle négligence lui sera fatale au cours de l’été 1995.

 

 

E

t la troisième bourde : rédiger et signer un réquisitoire introductif visant ma personne pour un prétendu détournement d’actif, le jour de votre départ pour Djibouti.

 

Après que lui, le procureur de Lisieux eût laissé dilapider :

- un inventaire estimé par un huissier à 855 834 francs en valeur d’achat, soit au moins 1 200 000 francs en valeur de vente,

- inventaire n’incluant pas 700 00 francs de matériels entreposés dans les ateliers en vue des livraisons en cours dans les centres AFPA,

- plus de quatre millions de francs à facturer aux centres AFPA lors des compléments d’installations mises en place dans 18 centres,

- trois logiciels fonctionnant sous Prologue dont la valeur comptable était estimée à 1.917 000 francs …

- et alors que la somme algébrique des comptes en banque se soldait par un découvert minuscule de 4 150 francs le jour du dépôt de bilan, le 14 mars 1992 !

 

Et en ne joignant pour étayer son réquisitoire introductif que trois pièces inutilisables dans une procédure pénale :

- une lettre de dénonciation calomnieuse émanant d’un huissier,

- un inventaire totalement annoté par le repreneur, laissant entendre que c’est un officier ministériel qui présidait à l’enlèvement des matériels, alors qu’il n’en était rien,

- les photocopies de deux projets de contrat de maintenance dont les noms des bénéficiaires avaient été occultés pour qu’ils ne soient pas contactés par un enquêteur,

les trois dernières pièces (l’inventaire et les projets de contrat) étant falsifiées et altérées au sens où l’entend l’article 434-4-2° du nouveau code pénal.

 

Ce réquisitoire introductif signé par votre mari le 14 février 1994 avait certainement pour but de transférer au pénal l’affaire FOROLOG/CAFAL bien mal engagée, pour la magistrature, sur le plan civil et commercial.

 

Je m’interroge même : votre mari n’a-t-il pas sollicité une autre note de couverture pour émettre un tel réquisitoire, le jour de son départ … car PG1-XXX et PG3-Clouet auraient été dans l’obligation d’expliquer à nouveau toute l’histoire à son successeur Philippe Peyroux !

 

Le début d’exécution de cette procédure par le successeur susnommé va être lourd de conséquences pour déclencher l’intervention de l’avocat général Bernard Perret en 1995.

 

 

A

lors, pourquoi Bernard Perret, avocat général près la Cour d’Appel de Reims, n’intervient méchamment, une seconde fois, auprès de votre mari, qu’au milieu de l’année 1995 et pas avant ?

 

Quelles sont les motivations qui ont poussé l’avocat général Bernard Perret à intervenir auprès de votre mari ?

 

Et pas seulement sur le seul point de la somme de 55 624 francs versée pour suborner ma fille.

 

Le successeur de votre mari, Philippe Peyroux, et ma fille vont faire très fort à partir du début de l’année 1995 :

- destruction par liquidation judiciaire, en janvier 1995, de la société grenobloise GLID dont je dirigeais l’agence normande en janvier, à la demande de Ph. Peyroux, 

- interrogatoire de ma fille par le SRPJ de Rouen (en lui rappelant les 55 624 francs qui lui avaient été versés) en mai 1995,

- lettre de dénonciation calomnieuse de ma fille à une procureure, en juillet 1995,

- déclarations calomnieuses de ma fille à mon sujet, allant jusqu’à déclarer à des clients et à des relations que je n’étais pas son père biologique, soutenue en cela par sa tante qui tentait (et qui tente toujours en 2008) de dissimuler à la justice un vol de plus de trois millions de francs …

 

L’avocat général Bernard Perret, informé du traitement que je subissais et ayant appris de surcroît que le marché de l’informatisation de l’AFPA avait été confié à un ancien salarie de la société Forolog – avec l’accord de votre mari - dans des conditions très troubles, prit le mors aux dents et décida de tout remettre dans le droit chemin en agissant sur votre mari et sur le magistrat PG1-XXX.

 

Avouez qu’attribuer un des marchés que Bernard Perret avait contribué à obtenir pour la société Forolog à un de mes anciens salariés est un pied de nez de votre mari à un avocat général. Alors l’avocat général a réagi avec violence envers le petit magistrat qui le roulait dans la farine.

 

 

Votre mari et moi étions, alors, dans une situation morale très voisine, mais pour des raisons différentes.

 

En moins de deux mois, votre mari était devenu un homme aux abois, un homme traqué, si dépressif que vous admettiez la possibilité d’un suicide :

 

Comment ne pas croire au suicide quand je garde en mémoire ces instants où j’ai vu Bernard en souffrance ...

              (page 63 du livre Un juge assassiné)

 

Et moi, je n’étais pas dans un meilleur état moral et physique. Depuis le début du mois de juillet 1995, je subissais une anorexie mentale : j’étais en train de mourir d’inanition alors que je n’en avais aucunement l’intention. J’étais incapable de cuisiner quoique ce soit. Je me nourrissais de deux tomates au sel, de deux yaourts et de quatre tasses de café sans sucre … par jour.

 

Alors, par dessus nos têtes, ce fut le combat des chefs. Les protagonistes ?

 

D’une part les deux chefs de service de la Chancellerie : PG1-XXX et PG2-Moinard qui ne voulaient plus avoir de contact avec votre mari … pour ne pas devoir aborder le détournement de fonds publics ourdi par la Cafal, en 1992 et les années précédentes …

 

D’autre part, l’avocat général Bernard Perret qui me soutenait sans que je susse la personne qu'il malmenait, en dénonçant les exactions commises par votre mari … mari dont j’ignorai l’existence et dont je ne connaissais même pas le nom !

 

Les couloirs de la Chancellerie et les bureaux de la cellule africaine de l’Élysée, endroits plutôt feutrés, ont été envahis par des bruits furieux. L’avocat général Bernard Perret était intenable car il avait raison sur toute la ligne.

 

 

Q

ue contient exactement cette note de couverture que détient votre mari ? La simplicité de son contenu va provoquer sa perte.

 

Cette note se résume ainsi : autorisation de neutraliser Christian AMMEUX en tant que gérant de la société Forolog,  donc en le destituant de ses fonctions de gérant, le temps pour le procureur que vous êtes de rédiger un réquisitoire aux fins de déclarer irrecevable la plainte visant la Cafal déposée le 18 novembre 1991.

 

Le dossier de ladite plainte atterrit sur son bureau vers le 20 janvier 1992. PG3-Clouet et PG1-XXX lui expliquèrent que la banque CIN provoquerait un état de cessation des paiements et que l’avocate de la société avait volontairement mal rédigé la plainte et avait édulcoré les griefs afin de la rendre facilement irrecevable.

 

Cette note de couverture ne mentionne surtout pas que le but de cette manœuvre est de faire perdurer un détournement de fonds au profit des partis politiques orchestré par la Cafal. Le quarteron de magistrats n’allait tout de même pas écrire que le but de l’opération était de couvrir le pire des détournements de fonds publics jamais commis par les dirigeants politiques.

 

PG1-XXX et PG2-Moinard ne lui avaient alors pas révélé, en janvier 1992, que l’établissement administratif public, la caisse d’allocations familiales de Lyon, détournait l’argent qui devait revenir aux assurés sociaux et que cet argent finissait dans les trésoreries des partis politiques, voire dans les poches des dirigeants desdits partis.

 

Mais dès avril 1992, à propos de ce détournement, votre mari a été déniaisé par B. Perret qui exigea la liquidation judiciaire de la société CM DIS, cheville ouvrière dudit détournement de fonds publics … avec en sus le piratage de mes logiciels pour ce faire.

 

Bernard Borrel a donc entre les mains une note de couverture, qu’on qualifiera d’incomplète, car elle ne mentionne pas le détournement de fonds publics au profit des partis politiques … qu’il n’a appris que trois mois après la remise par PG1-XXX de la note de couverture

 

 

Q

uelle sera la stratégie de Bernard Perret face à deux chefs de service de la Chancellerie pour me soutenir et éviter que je ne disparaisse ?

 

Elle sera double :

1 – la rédaction et la diffusion ciblée d’une note signée – pas un blanc anonyme - dénonçant les délits commis par votre mari dans le déroulement de la liquidation judiciaire inique de la société Forolog,

2 – l’attaque frontale et verbale contre votre mari au sujet de la subornation de ma fille qui a reçu 55 624 francs.

 

Depuis le 15 juin 1991, j’avais pris soin d’avertir l’avocat général B. Perret du détournement de fonds publics auquel je n’avais pas voulu m’associer quand ce stratagème délictueux me fut proposé le 10 janvier 1991. Puis de mai 1992 à septembre 1995, ce magistrat a reçu avant l’assassinat de votre mari en octobre 1995 :

- 32 lettres dont plusieurs expédiées sous forme recommandée,

- une série de 10 notes de synthèse concernant la liquidation judiciaire (inique, faut-il le rappeler) de la société Forolog, sur divers sujets tels mon isolement judiciaire, le comportement du mandataire liquidateur, le rôle de la banque CIN, les manœuvres du ministère public …

- des dossiers très documentés concernant la Cafal, les centres sociaux et les logiciels équipant lesdits centres, les centres AFPA et l’informatisation de ces centres, la comptabilité de la société Forolog et les résultats annuels et en cours, la banque CIN et les rapports avec cette banque, 

- les conclusions que j’avais déposées, en janvier 1994, au greffe de la Cour d’appel de Caen pour préparer l’audience du 1er avril suivant.

 

J’ai conservé tous ces documents tant en archives papier que sur un ordinateur équipé du système d’exploitation Prologue avec un traitement de texte Editex3.

 

En conséquence, M. Bernard Perret avait en main tous les documents pour établir une note circonstanciée sur les agissements de votre mari. Et votre mari ne pouvait pas déclarer qu’il s’agissait d’un document diffamatoire car il ne contenait que des vérités. De surcroît, cette note était signée par un avocat général, excellent pénaliste.

 

Cette note accablante fut donc diffusée vers des personnes bien ciblées, telles PG1-XXX à la Chancellerie. Elle a détruit irrémédiablement la réputation professionnelle de votre mari en quelques semaines tout en donnant une piètre idée de sa valeur morale.

 

Et en même temps, l’avocat général Bernard Perret demandait des comptes à votre mari sur la subornation de ma fille :

 

Pourquoi avez vous versé la somme de 55 624 francs à la fille du gérant, actionnaire majoritaire de la société Forolog en détenant 70 % des parts sociales, en plus de la somme de 13 060 francs perçue au titre du FNDGS ?

 

Sans que je ne l’aie jamais rencontré, votre mari me connaissait très bien, et dès le début de l’existence de la société Forolog en 1989, ne serait-ce que par l’enquête qui avait été diligentée sur ma personne et sur la société que je gérais.

 

On ne confie pas l’informatisation de la gestion d’une partie importante des 150 agences de l’AFPA, dépendant du ministère du travail, à un mécréant ou à un incapable.

 

Et à partir du mois de janvier 1992, je vais être omniprésent dans sa vie de magistrat jusqu’à votre départ pour Djibouti.

 

Du jour de votre départ de Lisieux à mi-février 1994 jusqu’au mois de septembre 1995, votre mari m’avait totalement oublié tout submergés que vous étiez dans votre nouvelle vie à Djibouti. Exotisme … Dépaysement …

 

Mais c’est à Obock, dans le Nord du pays, que nous avons ressenti tous ensemble les émotions les plus fortes ….

                               (Page 38  du livre Un juge assassiné)

 

Et voilà que Bernard Perret débarque sans crier gare en juillet-septembre 1995.

 

 

A

u début du mois de septembre 1995, votre mari se retrouve avec une réputation en lambeaux, sommé de s’expliquer sur une somme de 55 624 francs versée à la fille du gérant, sans possibilité de joindre les deux chefs de service de la Chancellerie  et une note de couverture pour me neutraliser ne mentionnant pas le détournement de fonds publics auquel il avait mis fin en avril 1992 sous le pression de l’avocat général Bernard Perret.

 

Etant donné que les deux chefs de service de la Chancellerie PG1-XXX et PG2-Moinard ne veulent même pas le prendre au téléphone, et en attendant de leur rendre visite à Paris, votre mari décide de commencer une contre-attaque sur place à Djibouti.

 

Il emporte avec lui la note de couverture remise en janvier 1992 par PG1-XXX et PG3-Clouet (qui ne mentionne pas lé détournement de fonds publics commis par la Cafal au profit des partis politiques) et fait le tour des personnalités françaises présentes à Djibouti.

 

Il explique à toutes ces personnes, Molinié, Sapkas, Momal, à son pote-colonel Sartre aussi, et à bien d’autres, que, s’il a commis toutes les irrégularités que la rumeur colporte en utilisant la note de l’avocat général Bernard Perret, c’était pour dissimuler un détournement de l‘argent des caisses d’allocations familiales commis par et au profit des partis politiques.

 

D’où la conviction du colonel Patrice Sartre :

 

Et je me remémore sans peine, dans le fil quelque peu complexe d’une conversation confuse, sa conviction que l’assassinat de mon mari pourrait être à chercher du côté du « financement politique ».

              (page 181 du livre Un juge assassiné)

 

Et quand il a fait cela, l’étouffement de la plainte visant la Cafal, la liquidation judiciaire de la société que je gérais … il y avait urgence au début de l’année 1992.

 

Ces allégations de votre mari remontent immédiatement vers Paris … vers la chancellerie, PG1-XXX et PG2-Moinard … vers l’Élysée, J. Chirac et D. de Villepin …

 

Et cela juste au moment où les deux derniers nommés avec A. Juppé se débattent dans une situation inextricable : effort de 100 milliards de francs demandé au peuple français pour sauver la Sécu et mal pris par l’opinion publique, manifestation monstre d’un million de personnes dans les rues de Paris, attentats de la rue de Rennes …

 

Si, par-dessus le marché, le peuple français apprend ce détournement de fonds publics particulièrement odieux, c’est deux ou trois millions de personnes dans la rue et le gouvernement qui vole en éclats. Et le septennat de J. Chirac se termine au bout de cinq mois.

 

Votre mari a donc commis l’énorme bêtise stratégique de clamer urbi et orbi que les partis politiques avaient détourné l’argent collecté pour être redistribué aux plus pauvres de la nation, en le prélevant crapuleusement dans la trésorerie des caisses d’allocations familiales …

 

Puisqu’il était impossible de le faire taire, la décision a été vite prise de le faire disparaître, avant même qu’il ne vienne à Paris où personne n’avait envie de le recevoir, ni les chefs de services de la Chancellerie, même avec le concours de Meslin,

 

Bernard avait tenté de joindre Benoît Meslin à plusieurs reprises, en vain, quelques semaines avant de mourir.

              (page 65 du livre Un juge assassiné)

 

ni un quelconque magistrat de l’Élysée, tel Olivier Echoppé ou autre, même et surtout si votre mari …

 

… devait se rendre à Paris, pour rencontrer quelqu’un au sommet de l’État.

              (page 89 du livre Un juge assassiné)

 

 

 

E

t avec un certain cynisme, la journaliste du Figaro vous a mis sur la piste qui n’est pas spécialement celle de M. Guelleh, mais plutôt française :

 

Le lendemain, Alexandrine Bouilihet  me téléphone :

- J’ai déjà eu des réactions à l’article … Une type de la DGSE … Il m’a dit ceci : « Vous direz à Mme Borrel qu’elle ne saura jamais rien ! »

                          (page 96  du livre Un juge assassiné)

 

Alors nous verrons dans la prochaine lettre que, malgré l’erreur stratégique de révéler un détournement de fonds publics par la Cafal au profit des partis politiques, votre mari avait encore une chance de s’en tirer vivant … mais le meurtre est bien estampillé DGSE et non pas IO Guelleh.

 

En octobre 1995, l’avocat général Perret n’a pas eu l’intention d’attenter à la vie de votre mari qui s’est en quelque sorte suicider en révélant un délit particulièrement odieux susceptible de faire capoter avant l’heure la Vème république.

 

M. Bernard Perret voulait simplement que votre mari contribue à me restituer la société Forolog en avouant tous les délits qu’il avait commis et en donnant les noms des personnes qui l’avaient circonvenu pour les commettre, me rétablissant par la même occasion dans toutes mes prérogatives et fonctions de gérant.

 

Comme je l’ai déjà écrit par ailleurs, il s’agit bien d’un stratagème cafouilleux mis en place par un quarteron de magistrats … qui a totalement dérapé au point que le pouvoir exécutif de notre république s’est vu dans l’obligation de liquider votre mari pour ne pas faire exploser la Vème république.

 

Nous analyserons donc ce qui s’est passé, toujours en empruntant des passages de votre livre, entre la 15 septembre et le 20 octobre 1995, à la lumière de mes relations avec l’avocat général Bernard Perret durant cette période.

 

 

A

vant de clore cette lettre, je vous propose, à vous et à tout autre lecteur, de se connecter sur le web et d’appeler à l’écran le site Infogreffe.

 

Puis de choisir l’accès à une société par son numéro de R.C.S. et d’inscrire dans le cadre le numéro d’identification de la banque Crédit Industriel de Normandie : 570504613.

 

Vous n’obtiendrez une réponse avec le nom de la société que si vous cochez le carré « entreprises radiées ». Vous verrez alors apparaître la date de radiation : le 11 janvier 2007 et le nom de la banque : Crédit Industriel de Normandie.

 

Explications.

 

Cette banque CIN avait été sollicitée par PG1-XXX pour provoquer un état de cessation de paiements de la société Forolog au début de l’année 1992. Ce qui fut exécuté le 5 mars. Et votre mari a alors rendu un réquisitoire concluant que ma plainte visant la Cafal était irrecevable. (cf. la lettre ouverte du 15 août 2007)

 

Quand, après plusieurs tentatives infructueuses, j’ai enfin réussi à faire délivrer à la banque CIN une citation directe à comparaître irréprochable dans sa forme, Mme Pascaline Chamboncel, présidente du tribunal correctionnel siégeant le 15 septembre 2006 aux fins de fixer la consignation à verser pour poursuivre la procédure, déclara en réponse  à une question de Me Roussel, que ma citation évoquait ni plus ni moins une affaire d’État.

 

J’ai rarement vu un avocat disparaître d’un prétoire la mine aussi déconfite. Pour lui et ses clients, la banque CIN et son président Gérard Romedenne, il y avait urgence. Car je réclamais (et je réclame toujours) un dédommagement de 30 489 803 euros (juste de quoi mettre la banque à genoux) avec de fortes chances de les obtenir vu l’attitude de Mme Chamboncel.

 

Tout ce petit monde avait compris, comme vous le comprenez maintenant, que la collusion entre le banque CIN et PG1-XXX était étalée au grand jour et que le fantôme de votre mari venait de surgir dans le prétoire du Tribunal de Grande Instance de Rouen.

 

Vous comprenez aussi que le sabordage de la banque le 11 janvier 2007, quatre mois après la déclaration de la présidente d’une chambre du tribunal correctionnel de Rouen, était et demeure un aveu de culpabilité : cette banque, son président et PG1-XXX ont bien circonvenu votre mari … qui a tout de même accepté d’être dupe moyennant une note de couverture mal ficelée.

 

Cette radiation-sabordage de la banque CIN est un événement très important sur lequel, bien entendu, aucun magistrat n’osera se pencher de peur de découvrir enfin la vérité sur l‘assassinat de votre mari.

 

 

T

oujours est-il que votre mari a réussi un exploit posthume. Bernard Borrel a créé d’un seul coup 289 handicapés patronymiques, les 289 auditeurs de la promotion 2006 de l’E.N.M..

 

Ces 289 nouveaux magistrat(e)s ont désormais comme modèle un magistrat qui a cumulé les délits dans l’exercice de ses fonctions : subornation de témoins, abandon d’actif d’une société commerciale prospère, complicité de vol, escroquerie à jugement, soutien frauduleux d’une banque poursuivant un de ses clients pour des dettes imaginaires, complicité dans le détournement de fonds publics …

 

Et là, je n’invente rien car trois magistrats de la Cour d’Appel de Rouen avaient rendu en septembre 2005 un arrêt décrivant les délits ci-dessus énumérés, les attribuant aux membres de la procédure commerciale qui ne pouvaient rien entreprendre sans l’autorisation expresse de votre mari au temps où il é »tait procureur de la République à Lisieux.

 

Ces 289 magistrat(e)s ont un exemple extraordinaire en la personne de votre mari … de ce qu’il ne faut pas faire dans l’exercice de leur fonction.

 

Mais ils ou elles peuvent aussi en tirer une leçon : savoir qu’une note de couverture mal rédigée peut conduire au cimetière … par assassinat, surtout s’il s’agit de sauver des politiciens véreux et compromis dans de nombreuses exactions.

 

 

Veuillez agréer, Madame, mes salutations.

 

 

 

 

 

Christian AMMEUX