Lettre ouverte à Madame Elisabeth BORREL

 

Le 6 juin 2004

 

Madame,

L’affaire de l’assassinat de votre mari progresse tandis que mon affaire judiciaire régresse.

D’abord les progrès. Un journal djiboutien dans son édition du 21/04/2004 déclare : Rien dans les documents (déclassifiés) ne permet de conclure à la mise en cause des autorités djiboutiennes. C’est totalement erroné, a réagi Me Olivier MORICE. Cette déclaration montre qu’on est bien en présence d’une affaire d’Etat et que les autorités françaises sont bien embarrassées, a-t-il déclaré.

Quel est l’Etat : la France ou Djibouti ?

La réponse est sous la plume de Renaud LECADRE du journal Libération du 08/05/2004 : Les autorités françaises et djiboutiennes n’osent plus soutenir ouvertement la thèse du suicide du juge BORREL, mais elles souhaitent quand même écraser l’affaire.

Voilà donc que J. CHIRAC et I.O.G. se rabibochent sur le cadavre de votre mari. C’est logique car le premier ne peut nier qu’il avait détourné l’argent des assurés sociaux en faveur de son parti politique et aussi de quelques autres partis, tandis que le second ne pouvait nier avoir fourni un appoint logistique aux sbires métropolitains chargés d’exécuter votre mari.

Voilà que ce que vous appelez un mensonge d’Etat est bien devenu une affaire d’Etat !

De surcroît, le journal Le Monde, dans une brève du 22/04/2004 affirme que la droite veut étouffer l’affaire Borrel. Pourquoi ? Je cite : Le gouvernement Chirac-Raffarin entend étouffer ce scandale pour complaire au président djiboutien. En vérité, c’est cedit gouvernement qui tente par tous les moyens, y compris la désinformation, que ne soit pas révélé le nom de la personne qui a demandé à GUELLEH de conduire les hommes de mains bien français et votre mari à 80 kilomètres de Djibouti.

Quant à mon affaire judiciaire, dans sa première phase, celle de la comparution sur citation directe de MM. LAROPPE, MERTZ et ROSSI, vous lirez, dans le jugement du 29/03/2004 que j’ai chargé sur le site internent borrelkaput.com, que j’ai été renvoyé dans les cordes du ring par une magistrate aussi vicieuse que perverse.

Vicieuse pour m’avoir illusionné : j’ai cru naïvement qu’elle était sensible à mes arguments et que, de surcroît, elle prendrait en considération les dires complémentaires qu’elle a sollicités au cours de l’audience du 09/02/2004. Il n’en fut rien.

Perverse, pour avoir modifié en détournant de sa fin une action judiciaire, selon le Grand ROBERT : de partie civile lésée, le jugement de cette magistrate m’a transformé en coupable devant payer 1 000 euros de dommage à chacun des trois prévenus ... et les trois prévenus ont été relaxés.

Il est vrai que la loi du 25 janvier 1985 ne comporte aucun article concernant les errements des organes de la procédure commerciale. Rien n’a été prévu pour les fautes et délits qu’ils auraient commis. Seul, le chef d’entreprise commet des délits, même si il est irréprochable.

Mais l’argument de poids sur lequel la magistrate s’appuie est la prescription triennale des faits délictueux : les agissements des prévenus remontent à 1991 et 1992 et sont donc, selon elle, prescrits. Malicieusement, la présidente ne tient pas compte que de nouveaux faits sont venus en permanence, et jusqu’à ce jour, se greffer sur cette affaire pour en prolonger l’action judiciaire de nouvelles périodes triennales.

Mais elle oublie volontairement la présence ô combien importante de votre mari, en 1991 et jusqu’en 1994, dans les faits qui étaient l’objet de la comparution du 09/02/2004. Volontairement elle a omis de rappeler les faits en début d’audience pour ne pas avoir à citer le nom du procureur Bernard BORREL.

Or, en ce qui concerne l’assassinat de votre mari, la prescription est décennale. Je suis encore dans les temps.

J’ai donc été condamné :
- parce que je n’ai pas voulu, en janvier 1991, mettre à la disposition de la CAFAL et des partis politiques ma société et mes logiciels pour détourner l’argent des assurés sociaux,
- parce que j’ai porté
plainte contre la CAFAL en novembre 1991,
- parce que j’ai découvert, en mars 1998, que le texte de
ma plainte avait été falsifiée,
- parce que le greffier en chef de la Cour d’Appel de CAEN, M. PAWLOWSKI, m’avait fait signer conjointement avec lui un procès-verbal de remise de copies de pièces
attestant que son procureur général avait modifié à son gré le dossier contenant ladite plainte falsifiée ...

Il est heureux que je sois encore en vie !

Votre mari avait décidé, le 17 octobre 1995, de dévoiler que les partis politiques détournaient, en 1991 et 1992, l’argent devant revenir aux assurés sociaux. Et cela n’a pas plu aux dirigeants politiques de l’époque et n’a inspiré que de l’indifférence à ceux qui ont suivi, en 1997 et les années suivantes ...

Il en est mort et le jugement du 29/03/2004 vient de rajouter quelques pelletées de terre sur sa tombe.

Une audience sera consacrée, le 14 juin prochain devant le tribunal correctionnel de ROUEN, aux errements de la CAFAL durant les années 1991 et 1992.

Veuillez considérer cette lettre comme un témoignage de sympathie à votre égard et à l’égard de vos enfants.

 

Christian AMMEUX, gérant de la société FOROLOG

 

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