Et si Madame Elisabeth Borrel nous menait en bateau

depuis le 19 octobre 1995 à 9 heures ...

 

Cette note fournit la clef de l'énigme des 50 000 francs
retirés par le procureur Bernard BORREL
la veille de son assassinat

 

       

                                             Et si Madame Borrel ….
                                       … nous menait en bateau depuis
                                       le 19 octobre 1995, vers 9 heures
                                             du matin !

 

 Jusqu’au début de l’année 2000, l’attitude de Mme Borrel paraissait cohérente : elle savait depuis le 19 octobre 1995 que son mari ne s’était pas suicidé et elle cherchait à prouver qu’il s’agissait d’un assassinat.

 Une fois l’assassinat prouvé et admis, avec les lésions au crâne et à l’avant bras, tout devient incohérent tant dans l’attitude de la magistrature que dans celle des hommes politiques avec une bonne dose de complicité des avocats de Mme Borrel, voire de Mme Borrel elle-même.

 Et après l’élection du nouveau président de la république, le dérapage est total.

 Alors, pourquoi neuf heures du matin et le 19 octobre 1995 ?

Voyons ce que Mme Borrel écrit dans son livre :

Je me retrouve seule dans l’appartement. C’est à ce moment que je remarque la sacoche …
Les deux feuillets sont signés de sa main, avec son paraphe officiel.
C’est là, en serrant les deux écrits incompréhensibles, que je sens de manière irrépressible que Bernard ne reviendra pas.
                        (Page 53 du livre Un juge assassiné)

 Analysons donc le contenu de cette page.

  

 

Les deux enfants de Mme Borrel viennent de partir à l’école. Il est donc aux environs de 8 heures. Et Mme Borrel aperçoit la sacoche de son mari.

 Le contenu de la sacoche se révèle être une enveloppe avec deux écrits et 50 000 francs en monnaie djiboutienne.

 Claude Sapkas-Keller prétend que la découverte de l’argent remonte à trois heures du matin. Mais même au milieu de la nuit, Mme Borrel a immédiatement le réflexe de dire qu’il faut taire cette découverte.

 Les deux feuillets (restituer la somme de 50 000 francs à la banque et vendre la collection de médailles) comportent son paraphe officiel. Aucun terme affectueux qui aurait pu être interprété comme une forme d’adieu avant un suicide.

 C’était là une convention que les époux Borrel avaient décidé dans les jours qui ont suivi l’assassinat de Charles Clerc-Renaud.

 Et avant qu’on vienne annoncer à Mme Borrel que son mari est officiellement décédé, elle savait qu’il ne reviendra pas. Elle savait qu’il avait été assassiné. Elle savait que cet assassinat allait être maquillé en suicide comme pour Charles Clerc-Renaud.

 Dès cet instant, avant l’arrivée de la femme de ménage, vers 9 heures, Mme Borrel avait pris la décision de cacher à quoi était destinée cette somme de 50 000 francs.

 Pourquoi ?

 Revenons au 14 septembre 1995, un mois avant ce funeste 19 octobre.

  

 

Ce jour-là, à l’heure du déjeuner, les époux Borrel ont reçu un appel téléphonique de France annonçant le suicide de Charles Clerc-Renaud, et ce, en présence de Claude Sapkas-Keller, et Mme Borrel dit en s’évanouissant :

               - Charles, non ce n’est pas vrai …
                      (Page 96 du livre Aux portes de l’enfer)

 L’usage du prénom et la réaction de Mme Borrel indiquent que les époux Borrel avaient une certaine intimité de type très amical avec ce magistrat.

 Dès l’annonce de cette mort, Mme Borrel et son mari immédiatement, Bernard Perret (avocat général à Reims) et moi 48 heures plus tard, savions que cette mort était un assassinat. De surcroît, nous savions qu’il avait été exécuté par les sbires de la DST et qu’il fallait rattacher ce crime au détournement de fonds publics ourdi par la Cafal au profit des partis politiques.

 En effet, plusieurs fois au cours de leur séjour de vacances d’été en France, de juillet à septembre 1995, les époux Borrel avaient consacré plusieurs heures à examiner les conséquences des attaques de Bernard Perret tant sur la moralité professionnelle du magistrat Bernard Borrel que sur la subornation financière de ma fille qui avait reçu 55 624 francs.

 Et ils étaient quatre à participer à ces réunions : Mme Borrel, son mari et les époux Clerc-Renaud, tous magistrats professionnels de l’ordre judiciaire.

 Et ce 14 septembre à l’heure du déjeuner, pratiquement dans l’heure qui a suivi cet assassinat compte tenu du décalage horaire, et immédiatement, les époux Borrel ont compris que les deux suivants sur la liste seraient Bernard Borrel et Christian Ammeux.

 Charles Clerc-Renaud  a été exécuté dans l’urgence car la procédure de révision de procès ayant entraîné la liquidation judiciaire de la société Forolog était sur le point d’aboutir. Bernard Perret croyait encore en son aboutissement heureux quand il me recevait le 25 septembre en me disant :

             Tenez vous prêt à reprendre la direction de la société Forolog et faites
            la distinction entre votre rôle de père et vos fonctions de gérant …

 Après cet assassinat de Charles Clerc-Renaud, les époux Borrel ont donc pris deux décisions :
- accélérer la procédure de restitution des 55 624 francs de la subornation de ma fille.
- ne jamais laisser de signe permettant d’interpréter qu’une disparition éventuelle de Bernard Borrel soit un suicide, car les époux Borrel avaient aussi compris que Martine Clerc-Renaud n’aurait aucune indemnité ni dédommagement … car la mort de Charles Clerc-Renaud  était réputée être un suicide.

D’où les deux feuillets apparemment insipides :

Il n’y a pas un mot pour moi, les enfants, ou sa mère.
              (Page 53 du livre
Un juge assassiné)

mais que Mme Borrel a su parfaitement déchiffrer dès avant l’annonce de la mort de son mari par le consul Guérin quelques heures plus tard. Ces deux feuillets étaient tout sauf …

 … une formule administrative ne voulant vraiment rien dire …
                  (Page 53 du livre
Un juge assassiné)

  

 

Et les 50 000 francs ? Ils ne sont pas apparus par l’opération du Saint Esprit, mais ils étaient le résultat d’une démarche entreprise durant les vacances des époux Borrel en métropole.

 En effet, sous la pression de l’avocat général Bernard Perret, les quatre magistrats (Borrel et Clerc-Renaud) s’étaient répartis les rôles :
- la remise en fonctionnement de la société Forolog pour Charles Clerc-Renaud, alors président du tribunal de grande instance de Lisieux,
- le remboursement de la somme qui a servi à la subornation, 55 624 francs, pour les époux Borrel.

 En conséquence, ces derniers se sont adressés à leur banque, la BNP de Lisieux, pour obtenir un prêt de 50 000 francs, et non pas un simple découvert occasionnel, mais sous forme d’un découvert autorisé. Car il s’agissait d’un compte joint : 

Il demanda aussi de redéposer la somme dans leur compte joint car il s’agit d’un découvert autorisé …
                          (Page 68 du livre Aux portes de l’enfer)
 

Dans le cas d’un découvert autorisé, le directeur de la banque, M. Robin, a requis la signature des deux titulaires du compte : celle de Madame et celle de Monsieur Borrel. Cette règle bancaire de deux signatures dans un tel cas est absolue. Je parle d’expérience car je fus directeur d’un établissement bancaire à la fin des années 60.

 Et quand on sollicite un prêt ou un découvert de cette importance, il faut donner une raison. J’ignore celle qui a été donnée mais les époux Borrel savaient à quoi ils destinaient ces 50 000 francs : le remboursement d’un acte délictueux
- pour faciliter la remise en route de la société Forolog,
- et pour éviter que Bernard Borrel soit traduit devant un tribunal correctionnel pour le délit de subornation de témoin dans l’exercice de ses fonctions de magistrat et à condition que toute trace de ladite subornation disparaisse.

Donc, Madame Borrel joua un peu beaucoup à l’imbécile quand elle prétend devant le lieutenant Zacharias Hassan …qu’elle ne savait pas à quoi allait servir cette somme de 50 000 francs : 

Ils (la gendarmerie et le parquet djiboutien) seront déroutés en un premier temps par les déclarations de Mme Borrel au lieutenant Zacharia Hassan lui affirmant qu’elle « n’était pas au courant du retrait d’argent important et exceptionnel » qu’avait fait son mari le matin de sa disparition.
                               (Page 69 du livre Aux portes de l’enfer

Donc, Mme Borrel commet, de surcroît en tant que magistrat, un déni de justice et un délit d’effacement de traces et d’indices pour faire obstacle à la manifestation de la vérité  (art. 434-4-2° du code pénal) se rajoutant au délit de subornation de témoin commis par son mari.

  

 

En ce début de matinée du 19 octobre 1995, Mme Borrel n’est pas la seule à connaître l’existence de cette somme de 50 000 francs en argent djiboutien. Claude Sapkas-Keller a vu cette somme avec elle.

 Elle a joué l’imbécile devant les enquêteurs djiboutiens … avec la bénédiction de ceux qui représentaient la république française à Djibouti, notamment celle du capitaine Auffret.

 Mais le 1er novembre 2005, 10 ans et 10 jours après l’assassinat de son mari et après avoir commis le même jour, soit le 19 octobre 1995, le délit d’effacement de traces pour faire obstacle à la manifestation de la vérité (cela sent à plein nez le délai de prescription décennale !), elle déclare à trois reprises au cours d’une conférence qu’elle donne à Toulouse, qu’on lui a demandé de ne pas parler aux autorités djiboutiennes ni à quiconque de l’argent que son mari a laissé ni du français qui l’accompagnait dans une station service.

 Et camouflage supplémentaire dans la même conférence : le découvert aurait été consenti sur le compte personnel de son mari … et non pas sur le compte joint.

Manifestement, Claude Sapkas-Keller a mangé la consigne de la nuit et a annoncé à qui voulait l’entendre que Mme Borrel avait 50 000 francs à sa disposition :
- aux coopérants français puisque Luc Auffret en parle à Mme Borrel,
- et aux Djiboutiens puisque la police djiboutienne l’interroge à ce sujet.

Quoique ladite police aurait très bien pu enquêter directement auprès de la banque …

 Toujours est-il que l’une de ces doubles demandes instantes (taire l'argent et passer sous silence le blanc) est formulée par le Capitaine Luc Auffret, chef de la prévôté à Djibouti.

 Comment est-il possible que trois personnes différentes lui demandent de taire la possession de cette somme d’argent si ce n’est qu’elles ont été informées par une tierce personne qui en connaît l’existence ?

 La solution n’est pas donnée par Mme Borrel, mais par Chris Lafaille dans son livre Aux portes de l’enfer qui rapporte le témoignage de Claude Sapkas-Keller : 

Or, témoin de la scène, [Claude Sapkas-Keller] affirme de son côté que cette somme a été trouvée dans le meuble à colonne du salon, et que la serviette noire de Borrel qu’il connaissait parfaitement ne se trouvait pas dans le séjour.
                         (Page 68 du livre Aux portes de l’enfer) 

Et Mme Borrel précise dans cette conférence du 1er novembre 2005 (retranscrit sur le site Dailymotion pour une durée de 43’ 53’’) qu’elle a conservé cet argent et ne l’a pas restitué à la BNP de Lisieux. Il aurait servi à payer son rapatriement en France … alors que ledit rapatriement est pris en charge par la République française !

 Conclusion première et partielle : Mme Borrel nous ment dans son livre et cachera longtemps à l’opinion française ce mensonge ainsi que le souligne Chris Lafaille : 

La version qu’elle donne est désarmante. Si elle finit par reconnaître bien plus tard en France avoir trouvé les 50 000 FF en francs-Djibouti et des lettres qui allaient avec, Mme Borrel expliquera …
                            (Page 68 du livre Aux portes de l’enfer)
 

 

 

Très peu de personnes, en France comme à Djibouti, savent que ces 50 000 francs sont le principal de la somme qui devait faire disparaître le délit de subornation de témoin commis par le magistrat Bernard Borrel.

 Quelles sont les motivations de ceux qui demandent à Mme Borrel de taire l’existence et la destination de cette somme de 50 000 francs retrouvés chez elle ?

 A Djibouti, ce sont toutes des personnes dépendant de l’Etat français : diplomates, coopérants, gendarmes. Ils reçoivent donc les instructions de Paris : de la Présidence de la république, du quai d’Orsay, de la Chancellerie …

 Le journaliste et co-auteur du livre Un juge assassiné, Bernard Nicolas, n’est pas naïf pour un sou car il déclare sans ambages que l’ordre de tuer (Bernard Borrel) est venu de Paris (selon un enregistrement de conférence relayé par Dailymotion)

 Tout ce monde craint que la métropole découvre que cette somme aurait dû servir à étouffer un délit de subornation de témoin dans une liquidation judiciaire inique, liquidation provoquée par le procureur Borrel suicidé sur ordre pour que ne soit pas dévoilé le détournement des fonds de la Cafal …

 Si cela se savait en métropole au même moment que le peuple descendait dans la rue pour des revendications sociales, le gouvernement d’Alain Juppé et le septennat de Jacques Chirac volaient en éclat.

 Ce qui explique que Mme Borrel ait été sommée de taire l’existence de cette somme de 50 000 francs.

 Et maintenant quelle est la motivation de Mme Borrel pour taire l’existence et la destination de cette somme, ou encore pourquoi elle essaiera de taire si longtemps ce fait ?

 Si elle en révélait l’existence, elle savait qu’elle aurait dû aussi en révéler l’utilisation finale, i.e. le remboursement d’une somme de 55 624 francs versée à la fille d’un gérant (de la société Forolog) pour la suborner. Cette somme devait abonder le compte de la société Forolog en liquidation gérée par un mandataire liquidateur.

 Autrement dit, elle aurait alors dévoilé au grand jour le délit de subornation de témoin commis par son mari; ce qui revenait à avouer sa manœuvre pour étouffer ce délit, soit un nouveau délit commis par elle : celui de déni de justice et d’effacement de traces pour faire obstacle à la manifestation de la vérité.

 Elle a donc préféré sciemment commettre ce double délit (déni de justice et effacement de traces) car dans le cas contraire : finis les dédommagements et indemnités … et probablement se profilaient à l’horizon la radiation de la magistrature et la comparution devant les tribunaux correctionnels.

 Dès 9 heures, le 19 octobre 1995, elle avait donc pris la décision de taire l’existence de cette somme non utilisée par son mari, dès avant les demandes des représentants de la république française à Djibouti.

 C’est presque miraculeux pour elle que ce soit les autorités françaises qui le demandent. Cela va tout à fait dans ses plans … au moins en 1995 et pour quelques années.

 Mme Borrel n’a pas trahi la mémoire de son mari. Elle n’a pas rajouté une couche d’opprobre à la réputation de son mari déjà mise à mal et elle pourra continuer à exercer son métier rémunéré de magistrate sans craindre des poursuites pénales pour avoir dissimulé le délit de subornation (et encore bien d’autres) commis par son mari.

 Ce qui explique qu’elle n’a commencé à dévoiler à l'opinion française, via quelques conférences, l’existence de cette somme que 10 ans et 10 jours après la mort de son mari. Je ne suis pas affabulateur : tout un chacun peut consulter le site Dailymotion comme j’y ai consacré deux journées encore récemment.

  

 

Dès le moment où j’ai su que Bernard Borrel avait été assassiné, soit en 2000, et sachant qu‘il avait été exécuté  dans le cadre de l’affaire Forolog pour dissimuler un détournement de fonds publics au profit des partis politiques, comme beaucoup de français, j’ai éprouvé pour cette veuve une réelle compassion en plus d’élans de réelle commisération.

 Aucun journaliste ne parlait encore en l’an 2000 des 50 000 francs. Mais je savais depuis avril 1994 que ma fille avait été subornée.

  

En mars 1998, j’ai découvert après de multiples recherches que la plainte avec constitution de partie civile que j’avais déposée contre la Cafal le 11 novembre 1991 avait été falsifiée dans les locaux du palais de justice de Lisieux, vers le 20 janvier 1992.

 Et j’apprenais quelques mois plus tard, en 1999, que le procureur de la République de 1992 s’appelait Bernard Borrel.

 Et enfin au début de l’année 2000, j’apprenais que le procureur qu’on disait suicidé avait été en réalité assassiné à Djibouti, juste un mois après l’exécution du président Charles Clerc-Renaud, exécution que j’ai connue dans les 48 heures qui ont suivi. 

Et on ne parlait toujours pas des 50 000 francs. Mais je savais depuis avril 1994 que ma fille avait été subornée. 

Mais dès ce début d’année 2000, je mettais en cause l’exécutif de l’état français (J. Chirac et D. de Villepin), et ce devant les tribunaux, notamment dans deux lettres adressées à MM. Catenoix et Gicquel, respectivement président de chambre et substitut général près la Cour d’appel de Rouen.

 Et en même temps à partir de cette date, ce fut une avalanche de fausses pistes à donner le tournis au plus talentueux des descendeurs : 

  • Hassan Adouani et Awalleh Guelleh,
  • Des traces d’ADN sur le short de Bernard Borrel,
  • Saleh Aloumekani et Ali Iftin en Belgique,
  • Djama Souleiman et Hassan Saïd accusés de subornation,
  • Hervé Ladsous fait pression sur un juge,
  • J. Chirac conseille à IO Guelleh de s’adresser à la CIJ pour obtenir le dossier …
  • Tout cela en suspectant IO Guelleh d’être le commanditaire de l’assassinat de Bernard Borrel …

 Tout cela pour enfumer l’opinion publique. Tout cela constitue une véritable désinformation relayée par la totalité de la presse.

 Même dans les deux conférences qu’Elisabeth Borrel donnera, à Lisieux le 28 janvier 2006 et au Mémorial de Caen le 29 janvier 2006, jamais elle n’évoquera les 50 000 francs laissés par son mari.

 Et cependant, elle en avait parlé trois mois plus tôt,  le 1er novembre 2005, devant un auditoire à Toulouse, selon ce que rapporte le site Dailymotion.

 Ce n’est qu’au dernier trimestre 2006 que Mme Borrel parle d’une manière alambiquée de la somme de 50 000 francs sans que personne, si ce n’est moi et quelques magistrats et hommes politiques maintenus informés de ce dossier, puisse comprendre le pataquès.

 Et Chris Lafaille, dans son livre bien documenté Aux portes de l’enfer avoue y perdre son latin : 

La somme d’argent laissée par le juge Borrel, retirée le jour même de sa mort, ainsi que son destinataire, restent toujours une énigme que la gendarmerie et le parquet djiboutiens tenteront d’élucider aux premiers jours de l’enquête, sans grand résultat.
                           (Page 69 du livre Aux portes de l’enfer)
 

Pendant cette période qui s’étale de la preuve de l’assassinat, en janvier 2000, jusqu’à la fin de la présidence de J. Chirac, la France entière ne peut être que frappée par :
- l’antagonisme des positions de Mme Borrel et de J. Chirac, ce dernier allant même jusqu’au mépris : en votre qualité de partie civile, il vous est loisible de demander des actes d’instruction …
- l’empathie ostentatoire et déplacée de J. Chirac à l’égard de IO Guelleh, notamment dans la cour de l’Elysée en le raccompagnant jusqu’à sa voiture.

 Le tout, soit avec l’attitude goguenarde de quelques magistrats, soit avec une naïveté calculée des avocats de la famille Borrel  feignant de mordre à l’hameçon des différentes pistes plus farfelues les unes que les autres qu’on leur propose.

 Puis, il y a bien eu le coup de tonnerre du 2 mai 2007 quand les deux juges d’instruction Fabienne Pons et Michèle Ganascia se présentèrent à la porte de l’Elysée pour perquisitionner les bureaux de la cellule africaine de la présidence de la république. L’intention était certes louable pour éviter le dépérissement des preuves mais la réponse du successeur fut cinglante … seulement à mon égard.

  

 

Avant ce 2 mai 2007, j’avais obtenu deux petits succès judiciaires sous la forme de deux arrêts de Cour d'Appel :

- la 11ème chambre de la Cour d’Appel de Paris, le 19 septembre 2001, présidée par M. Charvet, me renvoya à me pourvoir devant le tribunal administratif en guise de conclusion pour la citation directe à comparaître que j’avais fait délivrer à Marc Moinard. Lequel tribunal administratif se boucha le nez et estima que cette affaire relevait d’un tribunal correctionnel … en pensant à la Cour d’assises.

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- - la 4ème chambre des appels correctionnels de la Cour d’Appel de Rouen, le 12 septembre 2005, présidée par M. Lallement, admit que tous les actes des membres de la procédure commerciale agissant sous les ordres de Bernard Borrel étaient une collection de délits.

 Mais je ne pus tirer aucun profit de ces décisions pour me faire dédommager. Au moins, je n’étais pas resté inactif depuis l’année 1991 et le second arrêt me permettait de mettre en cause Bernard Borrel sans encourir le risque d’être poursuivi pour diffamation.

 Avec l’élection de Nicolas Sarkozy qui s’était heurté durant le second mandat de J. Chirac aussi bien avec J. Chirac lui-même qu’avec D. de Villepin, je pensais naïvement que les choses allaient changer, notamment sur l’affaire Borrel et plus généralement sur ce que j’appelle l’affaire FOROLOG-CAFAL-CIN/CIC-AMMEUX-BORREL, englobant mes déboires.

 

Que nenni et je fus particulièrement gâté : 

  • Sept jours après l’élection de N. Sarkozy, le 14 mai 2007, je suis enlevé sur la voie publique et séquestré arbitrairement une journée entière dans les locaux de la gendarmerie : il fallait m’intimider !
  • Trois mois plus tard, le 14 août, mon domicile et mon bureau subissent une mise à sac et les barbouzes de la DST signent leur méfait en prélevant des pièces bien précises dans un dossier juridique important, ayant trait à l’assassinat de Bernard Borrel,
  • Puis, pendant quatre mois, jusqu’en février 2008, je suis réveillé une nuit sur deux entre deux et trois heures du matin,
  • Et n’oublions pas les audiences, injurieuses pour moi (celle du 03/09/2007 et celle du 25/06/2008, cette dernière étant présidée par R. Catenoix déjà nommé ci-dessus) devant les tribunaux, avec des magistrats pervers, audiences que je décris par ailleurs …

 Et pendant ce temps-là, que voit-on ?

 Entre ma séquestration arbitraire du 14 mai et la mise à sac de mon domicile du 14 août, Madame Elisabeth Borrel sur le perron de l’Elysée avec N. Sarkozy, laquelle déclare deux énormités : 

  • Moi, je ne réclame pas d’argent … Suivez son regard, je suis le seul à en réclamer dans cette sinistre affaire. Elle ne se rend pas compte qu’elle aurait pu (ou dû) être radiée de la magistrature pour les délits qu’elle a commis. Et qu’en conséquence, elle a probablement perçu des années de salaires indus.
  • Il faut rétablir l’honneur de la France qui est tombé bien bas …Je me suis étranglé quand on constate qu’elle a commis un déni de justice et un délit d’effacement de traces pou faire obstacle à la manifestation de la vérité, en cachant pendant plus de dix ans la rétention d’une somme de 50 000 francs pour dissimuler le délit de subornation de témoin commis par son mari.

 Si Mme Borrel avait avoué dès le 19 octobre 1995 que la somme de 50 000 francs était destinée à rembourser une somme de 55 624 francs versée à un témoin pour le suborner, l’assassinat de son mari était immédiatement résolu, les commanditaires démasqués et le mobile bien établi tel que le dira le colonel Sartre dans un hôtel à Paris, en 2000 : 

Et je me remémore sans peine, dans le fil quelque peu complexe d’une conversation confuse, sa conviction que l’assassinat de mon mari pourrait être à chercher du côté du « financement politique ».
              (Page 181 du livre Un juge assassiné)

 Ce qu’on appelle l’affaire Borrel aurait été terminée avant la fin du mois d’octobre 1995 avec en prime la chute immédiate du gouvernement Juppé et la démission honteuse de Jacques Chirac. 

Demander la déclassification des documents secret défense émis entre 1994 et 1997 est légitime pour connaître le noms des exécutants de cette action barbouzarde. Mais une telle demande émanant d’une personne qui a commis le déni initial de cacher l’utilisation d’une somme d’argent ressemble maintenant en 2008 plutôt à une manoeuvre de diversion.

 Et que Nicolas Sarkozy ne vienne pas dire que Mme Borrel a abusé de sa bonne foi et qu’il ignorait tout du dossier, car de 1992 à 1995, quand il était ministre du budget et porte parole du gouvernement d’Ed. Balladur et avant que Bernard Borrel ne parte à Djibouti avec femme et enfants, il avait eu connaissance :

  • de la liquidation judiciaire de la société Forolog afin que soit dissimulé le détournement de fonds publics ourdi par la Cafal au profit des partis politiques,
  • du détournement de fonds proprement dit, notamment au profit du parti politique auquel il appartenait,
  •  de l’intervention de l’avocat général Bernard Perret, en avril 1992, contraignant Bernard Borrel à mettre fin audit détournement de fonds par la liquidation judiciaire de la société CM DIS,
  • de la décision d’envoyer B. Borrel à Djibouti pour l’éloigner de la métropole, F. Mitterand et E. Balladur étant tombés d’accord pour éloigner ce magistrat loin de la métropole …

Et depuis lors, ce dossier a toujours occupé le dessus de la pile sur le bureau du Garde des Sceaux à la Chancellerie et sa copie en bonne place dans le palais de l’Elysée.

 Mais que dire d’un président de la république qui, avec tous les moyens dont il dispose,  n’est pas capable de juger l’opportunité ou non de recevoir une magistrate qui risque de se révéler particulièrement manipulatrice avec ces 50 000 francs qui apparaissent, puis disparaissent et enfin réapparaissent ...

Mais que dire d’un président de la république qui, de surcroît, dissimule les noms des commanditaires de deux assassinats de magistrats, et il les connaît bien. Il invite l'un à déjeuner le 14 août et demande à l'autre de représenter la France aux obsèques d'un poète palestinien ...

 Mais que dire d’un président de la république qui reçoit en catimini IO Guelleh, durant la même semaine au cours de laquelle Mouammar Kadhafi parade dans les rues de Paris et chamboule la capitale …

  

 

Cette note aura une suite car j’ai découvert, sur un autre site internet administré par une radio africaine, le texte d’une conférence donnée par Mme Borrel le 2 avril 2008 à la demande de Survie 31 à Toulouse dont voici un court extrait : 

… la prévôté avait fait une enquête en enlevant tout ce qui était contraire au suicide, notamment que Bernard était parti de Djibouti accompagné d’un français. Le français disparaissait de la procédure d’enquête.
De la même manière, l’argent avait disparu de la procédure de la prévôté.
Ce n’est pas moi qui ai fait disparaître l’argent …

 Elle y présente une nouvelle version de l’apparition de la somme de 50 000 francs et de nouvelles raisons d’en cacher l’existence. Ce n’est pas elle mais c’est la faute à la procédure djiboutienne et à la procédure de la prévôté …

 Notons que le 5 octobre 2007, 5 mois plus tôt, j’avais clairement évoqué la subornation financière de ma fille par son mari. En conséquence, il était urgent de s’adapter à la nouvelle formulation de la donne que je venais d’introduire, mais que Bernard Perret connaissait depuis 1992 et moi depuis avril 1994. Et Mme Borrel au moins depuis juillet-août 1995.

  

Au début de cette note, j’écrivais : Et si Madame Borrel nous menait en bateau …

 Et maintenant en fin de cette note, j’écris : Mme Elisabeth Borrel a mené en bateau tous ses concitoyens avec la complicité de la majorité de ses collègues magistrats et de nombreux acteurs de la politique française. Elle aurait dû parler des 50 000 francs non utilisés par son mari dès le 19 octobre 1995 à 9 heures du matin.

 Et quand elle a pris la décision contraire, elle savait qu’elle et son mari avaient en face d’eux Bernard Perret, avocat général, qui voulait remettre en fonctionnement une société créée pour venir en aide à une enfant et à sa mère souffrant de sclérose en plaques et que son mari, comble de cynisme, avait suborné ladite enfant pour la dresser contre son père.

  

Christian AMMEUX

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